FEFFS 2017 – Jour 8 & 9 et épilogue : L’exorcisme de l’Homme Puma

Samedi 23 septembre 

Toutes les bonnes choses ont une fin. Une semaine déjà. Une fin mémorable.

Qui aurait cru voir William Friedkin passer à 10cm de soi. Une masterclass passionnante en présence du maître, dont l’arrivée fut ponctuée par une émouvante et longue standing-ovation. Des anecdotes et un récit d’un homme passionné, dont le récit passerait pour invraisemblable s’il était adapté en fiction. Tant de coïncidences pour celui qui fait appel au  » Dieu du cinéma « . Deux heures où chacun s’est laissé emporter par l’admiration.

19h30 sonne la fin, ou presque. La cérémonie de clôture, l’occasion d’un dernier au-revoir émouvant, mais dans la bonne humeur. Les grands gagnants de cette édition :

Compétition internationale

Jury : Joyce A. Nashawati, Vincent Lannoo et Billy O’Brien

  • Octopus d’or : Double Date de Benjamin Barfoot, Royaume-Uni
  • Méliès d’argent du meilleur long-métrage fantastique européen : Laissez bronzer les cadavres d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, Belgique et France
  • Mention spéciale du Jury : Terra e Luz (Earth and Light) de Renné França, Brésil
  • Prix du public : Dave made a Maze de Bill Watterson, États-Unis

Compétition Crossovers

Jury : Estelle Nothoff, David Scherer et Mike Hostench

  • Prix du meilleur film Crossovers : Bitch de Marianna Palka, États-Unis

Compétition court-métrage

Jury : Frédéric Burgun, Michael Gojon-dit-Martin, Michel Woch

  • Octopus du meilleur court-métrage fantastique international : Saatanan Kanit de Teemu Niukkanen, Finlande
  • Méliès d’argent du meilleur court-métrage fantastique européen : The Absence of Eddy Table de Rune Spaans, Norvège
  • Mention spéciale du Jury dans la catégorie internationale : Mouse de Celine Held et Logan George, États-Unis
  • Prix du Jury Jeune : Expire de Magali Magistry, France
  • Prix du public : The Robbery de Jim Cummings, États-Unis
  • Prix du meilleur court-métrage d’animation : The Absence of Eddy Table de Rune Spaans, Norvège
  • Mention spéciale du Jury dans la catégorie animation : Cipka de Renata Gasiorowska, Pologne
  • Prix du meilleur court-métrage Made in France : Animal de Jules Janaud et Fabrice Le Nézet, France

Difficile de cacher sa joie de voir mes favoris  Laissez Bronzer les Cadavres et Dave Made A Maze récompensés.

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Deux adolescentes obsédées par la mort développent une émission en ligne qui s’intéresse à de véritables tragédies. Elle deviendront bientôt des légendes vivantes dans leur petite ville de province.

Le festival se clôture alors avec  Tragedy Girls  de Tyler McIntyre. Oeuvre résolument pop, barrée et colorée, le film offre un moment sympathique. Portée par deux héroïnes charismatiques, le film détourne les codes du teen movie et du slashers, dont il n’hésite d’ailleurs pas à mentionner ses références, à Massacre à la Tronçonneuse ou à Destination Finale. La première heure est efficace et l’absurdité de certains scènes, notamment de mort sont très drôles. Néanmoins, on peut reprocher au film une vraie baisse de rythme dans sa seconde partie, qui devient brutalement plus conventionnelle et de fait, moins intéressante. Le film peine à passionner, et ne suscite alors qu’un vague intérêt. Reste pourtant un vrai bon moment, fun et sans prétention qui vient clôturer à merveille cette belle semaine.

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Mais si la compétition est terminée, l’esprit du festival continue de hanter. 00h45, l’heure de se retrouver pour la Nuit Excentrique, le rendez-vous inratable de ce festival. Au programme, trois nanars jusqu’à l’aube dans une salle sur-excitée. Et ça commence fort, avec l’Homme Puma, qui n’a de puma que le nom. Vadino, personnage emblématique, dont les regards de braise et les réactions absurdes rendra la salle totalement hystérique. C’est un bordel réconfortant. Le film n’est plus à l’écran, mais bien dans la salle, tant tout le monde hurle et réagit à l’action, que finalement personne ne comprend réellement et dont tout le monde se fout. S’en suit alors Le Ninja Blanc, qui ne comporte aucune tenue blanche mais bien un ninja blanc de peau, et qui insiste lourdement sur son côté américain. Le vrai héros de ce film s’appelle Jackson. Jackson est libre, Jackson est un Dieu. On puise tous dans nos dernières ressources pour dire l’ultime connerie. On rigole tous très fort, et c’est tant mieux.

Image associée

5h30 du matin, je suis une petite joueuse et ne suis pas restée pour le film suivant. C’était comme regarder un film avec une bande de potes très bruyantes et ivres qu’on ne connaît pas, et c’est une expérience de cinéma absolument géniale.

Dimanche 24 Septembre

La fatigue rend les choses compliquées et soudainement plus tragiques. Il est temps d’errer une dernière fois au Village Fantastique ( et de repartir avec la sublime incarnation animale de Satan sur papier ) et de quitter ce repère si familier, pourtant éphémère.

Dernière séance de ce festival, et c’est difficile.

[ Compétition Crossovers ] Les Bonnes Soeurs – Jeff Baena

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Alessandra, Fernanda et Ginevra sont des religieuses du Moyen-Age qui mènent une existence simple dans un couvent. Elles passent leurs journées à s’espionner et à insulter l’ouvrier agricole du domaine.
Lorsqu’une virulente altercation pousse le paysan à partir, le père Tommasso engage un nouvel employé du nom de Massetto, jeune serviteur viril. Présenté aux sœurs comme sourd-muet pour décourager toute tentation, Massetto se démène pour conserver sa couverture, tandis que le couvent frustré se déchaîne dans un tourbillon de vulgarité, d’alcool, de drogues et d’expériences sexuelles…

Quoi de mieux pour terminer cette semaine qu’une comédie un peu barrée sur des nonnes nymphomanes. Jouant de son décalage avec une époque puritaine, le film offre ici un humour volontairement trash, vulgaire mais toujours très drôle. A devoir subir une morale conservatrice, imposée par des hommes, les nonnes vont alors découvrir les plaisirs de la vie, de la chair et de l’alcool et de la drogue. Un peu trash, même si souvent gentillet, le film offre des séquences mémorables (celle du jugement est un régal). Un vrai bon moment, et un dernier adieu au FEFFS.

Epilogue

C’est ainsi que ça se termine. C’est un au-revoir déchirant. Une semaine, il se passe tant de choses. On prend des habitudes, on a nos places préférées qu’on se réserve à chaque fois. Et on se crée une vrai famille, qu’on retrouve chaque jour, qu’on ne lâche jamais. On se crée des souvenirs. On y était, tous ensemble. L’inconnu du siège d’à côté devient un ami avec qui on peut parler des pendant des heures sans même connaître son prénom. On se crée des liens, on s’amuse comme jamais.

Un festival est un merveilleux hors du temps. On ne sait plus quelle heure il est, et ça n’a plus d’importance. On est là, à rire tous ensemble ou à s’engueuler, car au fond il n’y a plus qu’une seule chose qui nous rassemble. On passe un nombre affolant d’heure dans la même salle, au même endroit. On anticipe certaines réactions du public. Chaque jour est une fête, un bordel invraisemblable. On ne regarde pas un film de la même manière. C’est une expérience véritablement collective, pour de vrai. On se soucie de la personne d’à côté. On devient obsédé par la volonté d’en parler, de partager une opinion, sa haine ou son excitation. On ne regarde pas un film, on le partage. Tous ensemble. On ne craint plus de cacher son émotion, au contraire, on la revendique. Le rire, l’agacement, l’ennui deviennent plus sincères, plus vrais. On entend les sentiments.

Et puis c’est insensé. Je n’ai pas vu les 36 films planifiés parce que l’imprévu a pris le dessus. J’ai le sentiment d’avoir vécu des moments privilégiés. On trouve un sens aux choses qu’on aime. Et parce qu’on se sent bien, on a envie d’être fier, et de se surpasser. Rien dans ma vie n’aurait pu me laisser croire qu’un jour je ferais une interview. Qu’un jour, toute minuscule dans mon siège, j’aurais le courage de poser des questions à des gens qui créent et qui aiment. Je n’étais pas préparée à le faire, et je l’ai fait. Et ce moment est trop précieux pour qu’on me l’enlève. Jamais j’aurais cru un jour me retrouver à boire un verre avec un réalisateur d’un film que j’adore. Encore moins trouver son karaoké à 1h30 du matin. Rien de tout ça n’aurait du arriver. Et ces moments existent, encore et toujours. Parce que je ne peux m’empêcher d’y penser, et de pouvoir enfin être fière d’avoir accompli quelque chose. Tout ça parce que je parle trop, et que j’aime trop.

Alors c’était difficile. La réalité froide. Les adieux déchirants. Pour certains dans des villes qui paraissent si lointaines. Pour d’autres à deux pas de chez moi. Même si peu loin, c’est un manque terrible qui se crée. On se retrouve dans une réalité qui ne veut pas entendre parler de nous et de ce qu’on aime. On a envie de se réconforter et de parler encore jusqu’à l’aube. Mais la réalité est cruelle aussi. Mais nécessaire pour apprécier. Car je suis infiniment reconnaissante envers le FEFFS, même si c’est naïf. Infiniment reconnaissante envers les autres, qui m’ont supportée dans ma fatigue et mon excitation. Infiniment à moi même d’avoir osé.

Alors à l’année prochaine. Et j’ai hâte de tous vous retrouver.

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