Sexisme, cinéma et blogosphère

«Il y a eu quelques exceptions mais pour la plupart, j’ai été surprise par la représentation des personnages féminins dans ces films. J’espère qu’en incluant plus de femmes dans l’écriture, nous aurons plus de femmes comme celles que je rencontre dans ma vie quotidienne. Des femmes qui sont entreprenantes, qui ont du pouvoir, qui ne font pas que réagir aux hommes qui les entourent, qui ont leur propre point de vue»

Jessica Chastain, Festival de Cannes 2017.

 

Alors que de plus en plus d’œuvres cinématographiques et, principalement, télévisuelles naissent entre les mains des femmes, un constat terrible et alarmant était rapidement fait par l’actrice américaine Jessica Chastain lors de la dernière conférence de presse du Festival de Cannes 2017. Si l’actrice de Zero Dark Thirty, juriste lors de cette dernière édition, avait longuement insisté sur la représentation des personnages féminins à l’écran, il n’en ait pas moins qu’elle a su soulever un problème bien plus grand, bien plus étendu et qui peine à être résout : la place des femmes dans le domaine cinématographique.Si ça implique la maigre représentation des personnages féminins à l’écran, ça implique également toutes les coulisses du cinéma : l’écriture scénaristique, la production… et par extension, la critique journalistique. Tous les domaines du cinéma semble être profondément masculins. Ici, il va être question de la dernière aborder, un simple point pour certains, un rôle majeur pour d’autres : la critique journalistique. C’est le rôle qu’on a choisi d’incarner dans le cinéma : Pauline, Oceane, Tina et moi.

Mais comme l’a soulevé Jessica Chastain, la représentation des femmes est tout aussi catastrophique au sein de la critique. Un cercle vicieux qui ne semble pas vouloir changer. Pire que ça, l’abondance de masculinité, provoque des comportements machistes, sexistes et intolérables. Des réflexions déplacées au harcèlement, le sexisme ambiant a conquis un terrain qu’il est grand temps de reprendre de manière totalement égalitaire. Et comme pour tout, pour faire bouger les choses, il faut d’abord pointer du doigt les soucis qui empêchent l’évolution. C’est pour ça que nous avons décidé d’élever nos voix à travers nos expériences respectives au sein du journalisme spécialisé et de la blogosphère cinématographique.

 

Je n’ai jamais su comment aimer le cinéma. Jamais de la bonne manière. Quand j’étais petite, on attendait de moi que j’aime les films pour les filles. J’aurais du rêver du prince charmant, m’endormir en guettant l’horizon et en chantant de ma voix cristalline. J’aurais du rêver à être la plus belle pour aller danser, la plus belle pour mon prince qui viendrait me sauver et transformerait ma vie en me demandant d’être sienne au pied d’un château. Mais j’avais pour ambition de devenir une guerrière et sauver mon honneur. Je détestais les princesses et leur préférais des dinosaures. Je n’étais déjà pas très normale. J’aimais un cinéma de garçon. Parce que c’est bien connu, les dinosaures et la guerre, c’est pour les garçons.

En grandissant, j’ai succombé au cinéma. Un refuge contre l’extérieur. Moi seule face à ce que j’aimais le plus. J’étais libre d’être ce que je voulais, d’aimer comme je le voulais. Moi seule face à l’écran, face à moi-même et à qui j’étais. Mais j’étais naïve. Car j’étais une fille. Et les filles ne regardent pas de films violents. Les filles n’aiment pas Orange Mécanique. Comment tu peux regarder Kill Bill ?  Pourquoi es-tu si bizarre ?  La violence, c’est pour les garçons. Ce n’est pas pour toi. Tu ne peux pas la comprendre, seulement la subir. Toi, tu dois aimer les comédies romantiques. Mais si, tu sais. Les baisers sous la pluie. Les filles, ça pleure devant Titanic. Les filles, ça aime les beaux jeunes hommes torse-nu. Dire que j’aimais le cinéma me renvoyait trop souvent à ce que j’étais. T’aimes le cinéma toi ? Ah mais t’aimes Twilight alors. Il est si beau hein Robert. Non. Moi j’aimais les châteaux hantés, les bruits de tronçonneuses et la crasse. Et tant pis, je ne serais jamais une vraie fille. Je voulais aimer le cinéma comme je l’entendais. Mais visiblement, j’aimais le cinéma comme un garçon, mais je n’étais pas légitime.

Je n’avais jamais pris conscience de ce que ça voulait dire, aimer le cinéma, quand on est une fille. Il m’a fallu du temps pour mettre des mots dessus. C’est ne jamais accepter d’abord que l’on puisse se complaire dans la violence. Ne jamais accepter que l’on peut chercher un sens à ce que l’on voit. Ne jamais accepter que parce que je suis une fille, je ne regarde pas des films pour la beauté de son acteur. Ne jamais accepter que je ne me cache pas derrière mon amoureux pendant les films d’horreur. Ne jamais accepter que je ne passe pas mes soirées cinéma à pleurer devant une comédie romantique niaise avec un pot de glace. On m’a toujours inconsciemment imposer une façon d’aimer le cinéma. Et je ne l’ai jamais respecté.

Arrête donc d’être hystérique. Arrête donc de fangirler, ça te décrédibilise. Arrête de mentir, t’aimes bien Only God Forgives parce que Ryan Gosling est si beau. Arrête de mentir, tu n’as rien compris au film. Mais comme il y’a Ryan Gosling, tu pardonnes tout. Ce n’est pas parce que j’aime un acteur pour sa performance que je suis aveuglée par sa beauté et incapable de voir plus loin. En revanche, vous n’oseriez même pas l’évoquer si l’acteur est une femme. Tu ne peux pas fangirler sur une femme. Parce que les femmes ça aiment les beaux jeunes hommes. Ca n’aime pas les autres femmes, oh non, oh non jamais. Ca vous dérange que je ne fantasme pas sur Tom Hardy mais sur Amy Adams. Mais on l’ignore, car c’est «  pas pareil » et de toutes façons, je sais mieux que toi. Ce n’est pas parce que j’aime un acteur, ou une actrice que je suis une midinette qui ne contrôle pas ses hormones. Ca ne rend pas mon discours moins intéressant, moins juste. Tout est toujours un prétexte avec vous pour réduire ma parole. Parce que visiblement, je ne sais pas parler de cinéma autrement qu’à travers le charisme de Leonardo Di Caprio. Parce que visiblement, j’ai beau argumenter comme je le veux, vous n’en retiendrez que ce que vous voulez.

Un beau jour, je me souviens, j’ai décidé de me lancer dans cette grande aventure de la blogosphère. J’étais fière de pouvoir parler avec d’autres d’une passion qui m’anime depuis longtemps. J’avais besoin de parler, parce que j’avais pas réellement d’autres personnes dans mon entourage avec qui en parler. Et parce que j’étais fière de pouvoir créer mon espace de parole à moi. Où je peux dire ce que je veux, comme je le veux. J’avais la liberté absolue d’aimer ce que j’aimais. J’étais devenue Suzy Bishop. Sous un pseudonyme, j’osais affirmer ce que j’aimais. Alors tout allait bien. Et tout va bien, encore maintenant. Ce serait mentir que d’occulter les rencontres formidables et les expériences inimaginables que tout cela m’a permis. J’ai eu beaucoup de chance, je dois le reconnaître.

Pourtant, il y’a bien quelque chose qui me dérangeait. Et me dérange encore. Des choses que j’ai préféré taire. Des choses que j’ai préféré considérer comme étant normales, parce que j’avais peur de tout détruire. J’avais peur de parler, parce que j’étais terrifiée à l’idée de venir briser ce que j’avais crée. Je me rassurais en me disant que j’exagérais, que je devais être au dessus de tout ça. Mais c’était malsain. Il faut se rendre à l’évidence. Le cinéma et la blogosphère cinéma sont des milieux presque exclusivement masculins. C’est pourquoi, je veux m’adresser à vous. A toi. Parce que je suis encore en minorité. Parce que tu ne te rends pas compte à quel point c’est difficile d’exister dans ce milieu, quand on est une fille.

Je dis tu. Tu, car toi derrière ton écran, tu ne te rends peut-être par compte de la réalité des choses. Tu es, peut-être, l’un de ceux qui ont dit ou fait ces choses. Tu, car tu te permets parfois d’être si familier alors même qu’on ne se connait pas. Tu, dans lequel vous vous reconnaîtrez peut-être. Car c’est à vous que je m’adresse, frontalement.


J’ai été tranquille pendant un moment, c’est vrai. Parce que je ne voulais jamais dévoiler mon identité. Je voulais rester anonyme, et qu’on m’écoute en tant que telle. Mais un jour j’ai craqué. J’ai osé dire que j’étais une fille.


J’ai eu envie d’assumer qui j’étais. De faire comme tous mes « collègues » mecs et de mettre une photo de moi. Pas parce que j’avais envie d’avoir des compliments. Parce que j’avais juste envie d’exister en tant que personne réelle. De montre que mon travail venait de moi. Qu’on était liés. Et je me suis trompée. Tu es si jolie. Je suis amoureux de toi. Je pouvais écrire n’importe quoi, tout revenait à mon physique. Je n’étais plus que ça. J’étais juste jolie. Tu insistais lourdement en me le répétant. Je t’ai demandé d’arrêter, parce que j’étais mal à l’aise. Mais tu ne comprenais pas. Et n’a jamais compris. Mais c’est un compliment, ça doit te faire plaisir. Tu dois aimer qu’on te dise que tu es belle. J’ai suffisamment confiance en mon corps et en moi pour ne pas avoir besoin qu’on me le répète. Moins par rapport à ce que j’écris. Je me fous de savoir si je suis belle. En un temps record, j’étais devenue juste une fille belle. Mon travail n’avait plus de valeur. Je n’étais qu’un physique. Le seul compliment que j’espérais concernait ce que j’écrivais. Je n’étais plus crédible. J’avais le sentiment de perdre quelque chose qui m’appartenait. De n’être plus rien. J’étais redevenue la fille qu’on siffle dans la rue, et rien d’autre. Jamais rien d’autre. Alors j’ai du enlever ce que j’étais pour pouvoir à nouveau exister, et retomber dans un anonymat jamais total. J’ai du m’effacer pour que vous acceptiez à nouveau ce que je faisais.


Mais c’était trop tard. J’avais commis une erreur. J’étais une fille, et vous ne l’oubliez pas. Tu ne l’oublies pas. Je ne suis plus quelqu’un avec qui on parle de cinéma. Je suis une fille. Une proie.


Non.

Non je ne veux pas boire un verre parce que je viens de te parler de Wes Anderson. Non je ne veux pas boire un verre parce que tu es allé dans un cinéma un jour dans ta vie. Non je ne veux pas te rencontrer pour qu’on discute en tête à tête. Non, tu n’avais pas à me forcer à te voir. Je ne te connais pas.

Quand je te parle de cinéma, je suis intéressée par le cinéma. Je ne veux pas te séduire. Je ne cherche pas à attirer ton attention. Je ne suis pas en train de te draguer. Je n’ai pas mentionné mon copain parce qu’on parlait de Fincher, car ça n’avait pas lieu d’être. Mais tu as tout interprété à ton avantage, comme toujours. J’ai toujours été naïve, et j’ai toujours eu envie de discuter de tout et de rien, en pensant qu’il n’y a jamais de malentendu. Et je me suis trompée. Oh ça, je me suis trompée sur vous.

J’ai eu la naïveté de croire qu’internet était un lieu où je pouvais être en sécurité. Où je pouvais fuir un temps les insultes que j’ai à subir chaque jour dans la rue. Où je ne suis que bonne, et jamais rien d’autres. Où l’on veut boire un verre, pas pour discuter avec moi. Pas parce que je suis intéressante. Mais parce que tu es intéressé. Et on en revenait toujours là. Avant d’être une cinéphile, j’étais une fille à qui tu te permets de dire des choses, alors que je ne te connais pas. Pourquoi me parles-tu ainsi. Vous ne faites pas ça entre vous, entre collègues masculins. Vous avez des conversations intellectuelles. Nous n’y avons parfois pas le droit.

Non, ce n’est pas un comportement normal. Vous. Toi. Ce tu derrière lequel se cachent certains. Non, imposer sa venue à quelqu’un n’est pas sain. Non je te demande d’arrêter, mais tu ne comprends pas. Parce que je suis toujours un monstre. Je serai toujours le monstre. Non, tu n’as pas le droit de chercher à détruire ma réputation et mon travail, parce que j’ai refusé de te parler. Non, tu n’as pas le droit de prendre les choses à ton avantage, pour me faire passer pour ce que je ne suis pas. Parce que ça ne t’as pas plu. Parce que tu crois toujours être la victime. Parce que j’ai voulu me protéger. Oui, je fais ce que je veux. Non n’est jamais un mot ambigu.

Mais je t’en prie. Je t’en prie, continue de me dire droit dans les yeux que tu milites en faveur des femmes. Dis moi droit dans les yeux, sans sourciller, que tu es grand féministe. Continue de t’indigner devant les atrocités de certains hommes. Mais n’oublie pas de t’indigner de ton propre comportement. Car ton indécence est blessante. Mais risible, quand on sait. Je t’en prie, vraiment. Continue d’être un hypocrite aux yeux de tous. J’aurais si honte à ta place. Car on vous voit faire semblant.


Mais tout de même. Ca ne m’empêche pas de parler. Ca ne m’empêche pas de dire que j’aime le cinéma. Mais je n’étais pas crédible, parfois, il paraît.


Je n’ai pas vraiment le droit d’aimer le cinéma. Parce que je suis vicieuse et cherche toujours le mal partout. Parce que j’ai le regard abject d’une femme, qui accuse et se pose en victime. Parce que je me suis intéressée à ma représentation dans certaines œuvres et que ça ne m’a pas plu. Ca ne m’avait pas plu que ce cher Ozon tente de percer mon inconscient féminin en insinuant qu’il fallait me violer pour que je devienne une femme, une vraie. Que je sois faible et ridicule. Alors j’ai parlé aussi fort que je le pouvais. Mais ma parole ne valait rien. J’étais une petite féministe excitée. Je voyais le mal partout. Je ne savais pas comment regarder un film, et je devais me taire. Je n’avais pas le droit d’être écoutée parce que j’avais osé bafouer les règles sacrées du cinéma. Je m’étais mise au travers d’un grand cinéaste, qui savait et voyait le monde tandis que je n’étais rien. Qui me connaissait mieux que je ne me connaissais. Tu sais bien non. Je suis une feminazie. Je ne mérite pas qu’on m’écoute. Je ne mérite pas la parole. Tu n’es pas d’accord, donc je dois me taire. Pour ne pas t’offenser. Surtout vraiment, ne m’écoute pas, moi la féminazie. Je parle toujours sans rien dire. Sans arguments. Et puis bon, on peut plus faire ce qu’on veut. On est plus libre ici. Mais je ne me tais jamais. Au contraire, je parle toujours plus fort.

Je dois me rendre à l’évidence. Je ne regarde pas simplement un film. Je dois me soumettre au prisme de mon genre. Je dois l’aimer et le regarder comme une femme, et rien d’autres. Je dois en parler comme une femme. Je ne dois le voir qu’à travers mes émotions. Parce que les filles pleurent devant les films. Moi je pleure parce que ça me touche, avant d’être une femme. Alors j’ai décidé de me l’approprier. J’ai décidé de m’approprier mes émotions. Mes émotions féminines. Des les détourner pour en faire sens. Pour tenter vainement une approche nouvelle. Je veux créer mon propre langage, mes propres sonorités. Utiliser mes sentiments ingrats pour les rendre meilleurs. Pour les faire ressentir. Pour parler de cinéma comme je l’entendais.

C’est pourquoi tu n’avais pas le droit de t’approprier mon langage. Je n’ai pas de copyright sur ce que je fais, évidemment que non. Bien sûr que tout le monde parle comme iel l’entend. Mais tu sais pourtant très bien que c’est ma manière à moi de parler de cinéma. Que c’est une partie de moi. Que non, ce n’est pas me rendre hommage que de te l’approprier. Parce que je ne t’ai rien demandé. Je n’en veux pas. Tu me mets terriblement mal à l’aise, car tu m’obliges à te remercier. Alors que je ne veux pas te remercier.

Je ne vais pas mentir, j’ai peur d’écrire ces lignes. Mais j’en suis terriblement fière.

Mais j’écris ces tristes lignes, parce que la réalité est parfois brutale. Je sais pourtant bien que mes écrits sont remplis de défauts, qu’ils sont imparfaits pour ce qu’ils sont et j’accepte chaque critique constructive le concernant, même les plus mauvaises. Je me fous de savoir si ça vous plait ou non, car c’est votre droit. Ce n’est pas le problème. En revanche, je ne tolère pas les critiques concernant mon genre. J’ai toujours été de celle persuadée d’avoir de la chance, et de ne pas en souffrir. Mais il faut être honnête. Ce que j’avais acquis pour normal ne l’est pas. Ce n’est pas normal d’être harcelée. Ce n’est pas normal d’être rabaissée pour ce que je suis. Ce n’est pas normal d’avoir à subir des remarques déplacées sur mon corps. Ce n’est pas normal de préférer se taire pour ne pas sacrifier son travail. Ce n’est pas normal d’avoir peur. Ce n’est pas de ma faute. Et lorsque je vois tout ce que j’ai écrit, c’est qu’il y’a à dire.

Alors aujourd’hui, j’ai arrêté de me taire. Vous devez arrêter de faire semblant. Ce n’est pas adapté de faits réels, c’est une réalité que vous cherchez à occulter parce qu’elle dérange. Et elle doit déranger. Elle doit vous inquiéter, vous remettre en question, vous, toi. Car vous êtes trop nombreux à ne même pas vous en rendre compte. A vous cacher derrière une maladresse qui n’en est pas une. Qui blesse, et met mal à l’aise, et qui se transforme en obsession malsaine. Je sais ce que vous allez penser. J’exagère, comme toujours. Ca n’arrive que parfois. Tu mens, ça ne s’est pas passé comme ça. Arrête de vouloir faire ton intéressante. Tu mens, je ne t’ai jamais considéré de la sorte moi. Pas tous les hommes. On est pas tous comme ça. On a plus le droit de rien dire. Trouvez vous des vrais combats. Tu oublies toutes les bonnes personnes.  Mais si vous vous reconnaissez dans ces paroles, c’est que le problème vient de vous, pas de moi.

Nous ne sommes pas nombreuses, à être blogueuses cinéma. Ca ne veut pas dire que nous n’existons pas. Je ne veux pas me taire, car je sais qu’il y’en a qui n’osent rien dire. Parce qu’on ne les croira pas. Parce que c’est impossible que quelqu’un d’aussi influent ait pu faire ça. Parce que lorsque la parole se libère, elle fait mal. Personne n’a le droit de vous empêcher d’aimer ce que vous aimez. Personne n’a le droit de vous demander de vous taire. Soyez fières d’écrire. Soyez fières de vous même. Aimez le cinéma comme vous le voulez. Si l’on vous demande de vous taire, parlez toujours plus fort. Car vous n’êtes pas seules.

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11 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Fanny Mermet dit :

    Très bel article, très vrai… malheureusement…

    Courage à toi et continues d’aimer le cinéma que TU aimes.
    Ça me désole qu’un si bel art soit sali par les personnes que tu décris… Visiblement c’est eux qui n’ont pas compris ce qu’était profondément le cinéma : un art qui devrait justement rassembler et ce, peu importe les origines, la classe sociale ou le sexe.

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  2. tinalakiller dit :

    Plein de love ❤ ❤ Soutenons-nous et soyons fortes !

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  3. V dit :

    Merci pour cet article, pour ce partage. Tu m’as à la fois informé et fait prendre conscience de quelque chose dont je nie presque l’existence (dans un climat d’harcèlement chaotique avec les différentes affaires du moment, Weinstein). Je suis un homme, un homme qui ignore presque tout des problèmes des femmes avec la « société des hommes » (n’ayons pas peur des mots). J’en découvre tous les jours, à force de Twitter, à force d’article, à force d’affaires, à force de côtoyer des femmes qui osent se dresser contre tout ça. Et bien que ce ne soit pas ma cause (je ne serais jamais une femme), je pense comprendre ton message et j’y vois à la fois de la détresse mais aussi une guerre de tous les instants. Et cela me touche, m’attriste mais m’inspire. Parce que tu parles, parce que tu l’ouvres, parce que tu penses. Et merde ça fait du bien.

    Merci pour cette contribution, ça fait longtemps que j’ai envie d’écrire autre chose que des critiques cinéma moi aussi, j’ai déjà des textes écrits qui hésitent à devenir publiques. Tu me confortes dans mon idée et me reboostes indirectement, à reprendre le combat avec ces textes. Le cinéma dénonce parfois la société, on doit en faire de même.

    Dans la lignée idéologique de ton texte, je laisse ce commentaire anonyme et ne commente pas sur Twitter. Ici, je veux valoriser ton article, alors je commente à l’endroit où il a été écrit.

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    1. Suzy Bishop dit :

      Je ne sais pas qui tu es, mais je te remercie infiniment pour tes mots, sincèrement. Et merci de comprendre, merci de nous soutenir, c’est important

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  4. lilylit dit :

    Très belle initiative et j’aime beaucoup la façon dont ton article est écrit. Je crois que j’ai compris pourquoi je n’ai pas (encore ?) subi ça de mon côté : parce que, même si je n’ai jamais caché mon genre, mon avatar est neutre et je n’ai jamais mis de photo de moi sur les RS du blog. Du coup les pervers n’ont rien avec quoi s’exciter ! Cela dit j’attends le jour où un homme viendra me dire que mon avis n’est pas légitime ou quoi que ce soit. À nous toutes, nous avons suffisamment de mordant, d’intelligence, de sens critique et de talent pour les renvoyer tous dans les cordes. #girlpower

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  5. Renard Bavard dit :

    Ce fut long mais j’ai tout lu. Et pourtant je fuis tout ce qui est « mouvance féministe » car c’est trop moralisateur et oppressant pour moi. Car en fait je m’en fous puisque je ne fais pas de différences entre garçons et filles. Ce sont des humains et j’execre les humains. Peu m’importe le sexe.
    En tout cas ce fut bien écrit et je comprends mieux certains agacements possibles liés au monde du ciné pour la gent féminine. Après, les gens sont bizarres, ont des avis à l’emporte pièce sur tout et sont cons. Donc fuck off, osef ou ce que tu veux. Aime ce que tu veux, dis ce que tu veux et discutes en avec qui tu veux. Zappe les lourds et les clichés. Y’en aura toujours malheureusement

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  6. David L. Wyatt dit :

    J’aimerais seulement me contenter d’avoir lu, sans liker ni commenter ensuite. À vrai dire, au fond de moi-même je ne sais pas comment y réagir… Pourquoi liker . Pour montrer que je soutiens ce combat ? Pourquoi commenter . Pour m’assurer d’employer les bons mots pour que tu me retournes un gentil message qui me ferra penser que je suis un homme bon ? Je ne veux rien de tout ça ! Au fond j’écris ce commentaire par pure réflexion, lira qui le voudra, c’est pas dans cette intention que je l’écris .

    Je ne suis pas un cinéphile de la première heure, je ne le suis que depuis cinq ans … Toutefois, j’ai grandi avec la série Charmed, une belle série portée par des femmes, trois sœurs, les sœurs Halliwell pour qui ne connaîtrait pas . Est-ce que la série était féministe pour autant parce qu’elle était portée par trois femmes, honnêtement je ne le sais. À l’époque je ne savais pas ce qu’était le féminisme( j’avais 6 ans ) , alors je me contentais de suivre ma série préférer, quand je voyait les sœurs Halliwell se battre contre le Mal, je voyais des personnage féminins fortes, puissantes et qui avaient du caractère, chacune différentes et c’était très intéressant. Mais au fond je ne me disais pas “ Ah, enfin des personnages féminins qui ne sont pas réduit à leur physique ” non je m’amusais devant ma série, j’étais aussi fasciner par elles , par leur pouvoirs comme je pouvais être fasciner par Harry Potter .

    Aujourd’hui, j’ai 20 ans, et lorsque je revois la saison 4 où Alyssa Milano est en petite tenu de guerrière, je revois quand même ma série comme quand j’avais 6 ans, c’est à dire que je ne suis pas distrait par le physique de l’actrice, je l’aime pour ce qu’elle est : ce personnage hypersensible, émotif, qui aime et aide les autres, je l’aime pour l’enfance qu’elle a traverser et la persévérance qu’elle a fait preuve, bon sang que oui que je l’aime pour ça et son physique n’est pas à banaliser non plus, je la trouve ravissante, c’est pas un mal de le reconnaître mais ça me distrait pas, c’est la femme qu’elle est, ce qu’elle pense, dit, sa philosophie, son parcours de vie qui m’intéresse et m’a toujours intéresser !

    Je pense que j’ai eu de la chance de rencontrer cette série aussi jeune, j’ai ainsi put voir très tôt des femmes entreprenantes , maitre de leur vies et ne jamais se laisser marcher sur les pieds par des hommes, ( regarder comment à fini Cole ? Même si ça m’a déchirer le cœur , après coups j’étais soulagée pour Phoebe, j’ai compris l’influence qu’avait put avoir Cole dans sa vie et qu’elle voulais reprendre sa vie en main, j’étais heureux pour elle ) .

    Donc quand j’ai rencontrer le féminisme, que j’ai compris ce qu’étais ce combat, j’étais déjà effarer par ça . Effarer parce que dans ma série préférer ça n’existait pas et delà je m’étais fais à l’idée que dans la réalité ça n’existait pas . Voilà pourquoi je ne voyais que cette manière pour moi de venir commenter, simplement pour dire que dans mon monde le féminisme n’existe pas parce que chaque femme sont maitre de leur vies . Cette société, là , je la trouve malsaine, elle a fait des hommes des êtres honteux vis à vis des Femmes, ça me révolte ! Je ne suis pas un féministe non , je suis un homme en révolte contre le comportement de ses frères et ce n’est pas un combat louable, je trouve qu’il honteux d’avoir à le faire, c’est pas normal. C’est comme pour le racisme, je le combat, ce sont des choses qui ne devraient pas exister!!

    Dans cette phrase sur mon blog on n’y retrouve tout ça, même si je ne l’exprime pas frontalement comme toi, le féminisme, le racisme, le capitalisme… et bien d’autre, ça me ronge de l’intérieur « Je vis dans un monde qui n’est pas le miens, je ne ressens pas mon appartenance à cette civilisation. Elle est cruelle, égoïste et avare ! Ma philosophie de la vie est plus douce, plus romantique, plus hospitalière. »

    Je finirais toutefois mon commentaire en disant que moi non je n’utilise pas ma vrai identité, sur la photo c’est bien moi, de dos seulement mais L. Wyatt correspond à Léo Wyatt , si tu connais Charmed tu comprendras pourquoi ce choix .

    Continue d’écrire, sur le cinéma ou ce que tu veux, depuis ton article “ Aimer pour Connaître ” c’est un blog sur lequel j’aime me retrouver pour un moment de lecture .

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  7. Dragonnette dit :

    Ton écriture est percutante, tu t’es exprimée avec des émotions, tu étales enfin à la vue de tous ce qui se passe quand on est blogueuse. MERCI.
    Je me suis reconnue dans tes propos, et je trouve cela motivant de voir que ce « mouvement » de dénoncer les agressions / harcèlements de la vie quotidienne / professionnelle arrive aussi dans le contexte de la blogosphère. C’est un sujet triste, bien entendu, et fatiguant aussi, mais il est temps de dénoncer, afin d’informer.
    Alors merci. 🙂

    Aimé par 2 personnes

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