La Mélodie du Bonheur

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Entendre un film. Le voir dans ses notes, dans sa douce mélodie. Se repasser des souvenirs d’un instant, d’une scène, d’une parole. Se faire un film, un autre peut-être dans son cœur. Se laisser bercer par des images mentales. Un film, c’est des images chantées. Des mouvements mélodieux. Un fantasme animé. On se met à écouter un film. A le voir défiler dans ses rêves.

C’est rendre la réalité un peu plus cinématographique. Les choses deviennent plus belles. On devient le héros de son propre monde.

On se réveille d’un monde inconnu. Projeté au milieu d’un univers qu’on ne comprend pas. On ne se souvient jamais de qui l’on était quand on était tout petit. Dans un passé presque inexistant. On existe qu’à travers les récits des autres. Je suis ton ami. Dans le brouillard immense, il y’avait cette chanson. Ce film. La preuve immuable qu’il y’eut un passé. Une musique rassurante, de vieux amis. Qu’on avait presque oublié. J’avais quinze ans. L’âge idiot où l’on veut faire croire qu’on ne ressent rien. Que les dessins-animés, c’est pour les enfants. Une tapisserie, des nuages et les souvenirs disparus. On se sent toute petite. On quitte à jamais des vieux amis. Son enfance. La nostalgie d’une innocence, qui revient pour un temps.

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Et l’on se retrouve avec d’autres rêves. Des rêves de liberté. De grands espaces. D’une révolte contre un monde qu’on ne comprend jamais. On se croit aventurier, les sauveurs d’une humanité désenchantée. Plus tard, je lâcherai tout pour vivre dans la nature. Plus tard je partirai vivre dans la nature. Toute seule. Et en attendant j’erre dans les chemins de terre. Big Hard Sun. Ce vent d’inconnu. De vie. Ce sentiment de puissance infini, cette envie folle d’aventure à côté de chez soi.

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Jusqu’à ce qu’elle devienne vraie. Personne n’a jamais voulu me croire. Que ce n’était pas juste comme ça. C’était l’aboutissement de quelque chose, même si je n’ai jamais su trop quoi. Ne jamais savoir ce qu’il adviendra du lendemain. Oublier le temps. Se lever chaque matin sans savoir où aller. L’aventure était bien trop réelle. Quintessence. C’était celle-ci la musique de mon histoire. Des inconnus avec qui j’ai partagé ma vie. Des heures à admirer l’absurdité de toute une vie. La brutalité du retour à la réalité. Ces musiques me ramènent sur cette plage obscure où la nuit n’est jamais tombée. Avec ces promesses que je n’oublierai jamais.

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J’ai voulu croire que la beauté de l’univers ne résidait que dans son chaos. Grave erreur. Errer dans des jungles de béton. Marcher sans but dans une ville immense qu’on croit connaître par coeur. Se laisser aveugler par la douce chaleur. Voir le monde se mouvoir dans toute sa bizarrerie. Imaginer des histoires à une masse  qu’on ne verra jamais. Alone In Kyoto. Déambuler la nuit, sans jamais savoir où aller. Et se laisser surprendre par la beauté étrange de l’inconnu. Les lumières au loin. Le silence de la foule endormie. Perdue dans nos habitudes. Se complaire dans l’ennui.

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J’ai toujours voulu avoir une voiture pour y mettre de la musique. Il était minuit. On roulait dans l’obscurité, dans des chemins qui ne menaient jamais à rien. Ce calme agréable, dans la nuit fraîche. Under your spell. J’avais attendu ce retour. Et la fatigue. Et la nuit. Des détours inutiles pour préserver ce silence. Le vent qui s’engouffrait doucement par la fenêtre. On avait l’univers rien qu’à nous.

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Et j’attendais. La chaleur était épouvantable. Assise dans l’escalier à regarder par la fenêtre. L’univers dormait paisiblement. The Moon Song. Et je m’ennuyais à mourir, seule dans ces murs immenses. La lumière douce de la ville.  La nostalgie d’un futur à venir. Des rires qui résonnent dans la nuit. A se remémorer presque toute une vie. L’impatience de se créer de nouveaux souvenirs. Et à imaginer un monde meilleur.

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Et puis on était des idiots. L’excitation grandissante d’un film sans même l’avoir vu, ne serait-ce qu’à travers des sons. Rêver son propre film. Devenir un instant les réalisateurs de quelque chose. Et lorsque l’écran est venue sombre. Que ces mots. Que cette mélodie. Il fallait l’entendre. Il fallait que je l’entende. Audition. J’ai cru qu’il était possible. Que je pouvais tout faire. Il faisait froid ce jour là. Les larmes ne m’ont jamais quittée. Alors je chantais seule, en sanglots dans la nuit de la ville. Et là, je n’étais plus seule. Les promesses qu’on s’étaient faites. Les rêves impossibles devenaient soudain imaginables. S’ils existent dans notre tête, alors ils ont existé, et existeront. Mais on y arrivera.

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Les musiques d’un film deviennent des parties de notre vie. Au-delà de cette fantastique capacité à être universelle, on cherche d’abord à les garder égoïstement pour nous mêmes. Car peu importe, elles représentes quelque chose, à un moment, que personne ne pourra jamais connaître. Et c’est tant mieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. seriesdefilms dit :

    Excellents choix musicaux pour ce très bel article ! 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Suzy Bishop dit :

    Merci à toi 🙂

    J'aime

  3. princecranoir dit :

    And we can be heroes, just for one day !
    🙂

    Aimé par 1 personne

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