On the Nature of Daylight

 

Le vrai voyage, c’est celui qu’on ne peut prédire. C’est s’affranchir du temps et de l’espace. Errer dans un inconnu presque effrayant, où l’on se  cogne dans l’obscurité, en ne réalisant jamais immédiatement ce qui nous arrive. Car rien n’est jamais comme on l’entend, le voit, le ressent. Voyager, c’est revenir. C’est grandir. C’est s’émerveiller d’une beauté insoupçonnée. De notre petitesse face à un monde qui nous dépasse. Non pas regarder, mais voir.

L’invitation au voyage.

Voyage of Time de Terrence Malick.

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19h55. Toi. Eux. Moi. Pourquoi est-ce qu’on fait ça. A quoi ça sert de s’enfermer. On ouvre grand nos yeux, tous ensemble. Quelque part, quelqu’un d’autre est impatient. Agacé. Fatigué. Émerveillé. Une séance unique. Le temps nous est compté, car il sera trop tard. Nous sommes les privilégiés d’une expérience commune et invisible.

Les témoins d’une somptueuse vision éphémère – Du Voyage initiatique aux confins de l’âme.

Nous venons de pénétrer dans un lieu sacré. Un sanctuaire de beauté. L’obscurité. Le silence solennel. Ô Mother. La douce voix de Cate Blanchett aiguille la réflexion, dans une incantation mystique. Nous ne voyons pas, nous regardons. Attentivement. Passionnément. D’abord le néant. Cet écran noir invite à une méditation, collective d’abord. L’introspection de soi, en même temps. Et le chaos. C’est une autre manière d’aborder le cinéma. C’est l’image dans notre crâne qui importe, non celle que l’on veut nous faire croire. Les images ont le sens que l’on veut leur donner. L’écran se meut en une toile immense. Une peinture abstraite. Des nuances délicates. L’explosion des sens. La salle devient musée, où l’on cherche à s’élever. A apprendre. A se taire.

Le vent vient caresser notre peau. La pluie rafraîchit nos sens. Le danger. Les frissons de l’immensité. Tantôt gracieux. Tantôt sublime.

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Le sublime, cette fascination terrifiante pour les éléments. Pour un danger presque imminent.  Du vacarme assourdissant du volcan. Du précipice immense.  Le tonnerre gronde dans notre corps. O Mother. Pourquoi ne réponds-tu jamais à mes peurs ?

Nature nous ne pouvons que t’admirer. Et nous taire, face à ton intensité. Tes plages obscures où la nuit ne tombe jamais. Où l’on contemple l’univers. Ses couleurs flamboyantes. Sa curiosité. L’espace infini de la toile, une projection de ses pensées. Que voient les autres; un halo de lumière. Là-bas danse Ophelia, dans sa constellation de mauve.

Et puis la grâce. Dieu, ou l’amour, ou la vie, ou la beauté; se trouvent dans la nature. Dans chaque parcelle d’herbe, de cellule se trouve une explosion de formes. Malick rend le monde abstrait. Le connu inconnu. Cette chimère, celle d’un transcendantalisme oublié. Thoreau. This world is but a canvas to our imagination. La grâce de l’obscurité. La nature est étrange quand on la regarde de plus près. La connaissance se trouve dans la contemplation de la nature. Chaque image laisse place à l’imagination de chacun. Aux pensées. A l’ennui peut-être. Soi face à l’existence. On cherche à lire la nature, un langage fascinant qu’on ne comprend pas. Elle nous résiste, et c’est tant mieux. Et s’ouvre à celui qui accepte sa faiblesse.

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Ô mother

Jamais de réponses. Mais sa grâce seule suffit.

Le temps passe. La salle s’affranchit de l’agitation du monde. Mais une sérénité retrouvée. Les hommes sont plus laids. Grotesques même. Ce n’est pas l’image qui les embellis, mais leurs actes. Des célébrations du temps. D’un mariage ou de la mort. La bizarrerie humaine qu’on ne comprend pas toujours. Dans des cultures qui nous échappent. On ne comprend pas notre propre monde. On ne peut que l’observer.

Le temps se voudrait infini. Le bruit vient briser la quiétude de cette communion collective. Le langage perd son sens. On reste ébloui par l’enchantement.

Voyage of Time parle à celui qui veut être curieux. Voir les choses autrement. A se laisser aller à la rêverie de soi. Peu importe ce qu’il s’y passe, de l’ennui, ou de la joie. Quelque chose a eu lieu. Et ne vivra plus jamais. Tout a une fin. Même l’univers.

 

 

 

 

 

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. borat8 dit :

    Beau voyage en ta compagnie Suzy. Ce qui renvoie en soi à la poésie de ce film, bien loin de l’aspect souvent abstrait des derniers films de Malick. Apaisant.

    Aimé par 1 personne

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