FEFFS 2016 : Jour 5 -Yor et l’Opération Avalanche

Dimanche 25 septembre

Il est 3h du matin. Moment idéal pour se précipiter à la Nuit Excentrique et admirer le chef-d’oeuvre qu’est Yor Le Chasseur du Futur. Le Festival nous propose de passer la nuit au cinéma voir des bons gros Nanars, même si malheureusement je n’aurais pu voir qu’Yor. Voir un Nanar au cinéma, à 3h du matin, c’est une expérience de vie. Lorsqu’on va au cinéma en général, on se perd au milieu d’inconnus, et on ne voit le film qu’avec soi-même. Se taire, bien se tenir, éviter de communiquer ses émotions sont devenus des règles sacrées lorsqu’on pénètre une salle de cinéma. Règles qui disparaissent pour notre plus grand bonheur passé minuit, devant un film à la qualité indéniable. Regarder un film devient alors une expérience en communauté, une vraie expérience de partage. Parler fort, rire, faire du bruit, applaudir, siffler, danser, chanter. L’odeur sucrée du pop-corn a laissé place à la bière. Les commentaires deviennent aussi drôles que le film, on répète en cœur ses répliques, on rigole très fort, on applaudit le héros pour ses prouesses débiles. C’est un joyeux bordel, et regarder un film prend un sens complètement différent,  et devient presque interactif. Et qu’est ce que c’est cool.

Mais cette expérience est un tout, et va forcément avec un nanar de grand cru. Précédé déjà par des bandes-annonces d’autres nanars, tous aussi ringards les uns que les autres, Yor le Chasseur du Futur commence soudain, avec une introduction des plus mémorables. Musique entêtante, bottines à fourrures et slip qui dévoile un derrière qui a oublié de bronzer, c’est une scène d’introduction qu’il faut assumer. Yor, guerrier de la préhistoire cherche à connaître son passé, et va apprendre qu’il vient d’une autre planète. Un scénario de folie, et un titre plus que mensonger car il n’est ni question de chasseur et encore moins de futur ( au contraire ). Yor lui, est bien présent. Brushing impeccable, peau huilé, vocabulaire presque érudit, Yor est beau, Yor est fort. Contrairement à tous les autres personnages préhistoriques, qui sont tous sales, et un peu plus habillés. Le film sait offrir son lot de scènes invraisemblables, de montage raté, de dinosaures qui feraient frémir Spielberg, tant les mouvements sont fluides et réalistes ( j’ai menti ). Yor est un homme à femme, et tombe amoureux DE CHAQUE femme qu’il va croiser, avec un magnifique zoom sourire Colgate, ce qui n’est pas réellement un problème dans le monde de Yor où l’on possède toutes les femmes du monde. Mais c’est dans sa deuxième partie que le film dévoile toute sa magie et nous emporte aux confins de l’univers dans lequel TOUS les hommes préhistoriques savent tirer au pistolet laser, et que Yor découvre qu’il vient d’une autre planète, où visiblement on naît blond avec un brushing superbe qui défie les lois de la nature. Je pourrais écrire un article entier sur Yor et son médaillon CD Rom mais ça serait vraiment injuste de gâcher le plaisir de ce film. Regardez Yor Le Chasseur du Futur, je vous garantis que vous ne le regretterez pas. Afficher l'image d'origine

Changement d’ambiance, mais pas vraiment de thème avec Opération Avalanche de Matt Johnson, présenté en compétition crossovers. Tourné comme un faux-documentaire avec assez peu de moyens, le film revient sur la théorie du complot et de l’alunissage en 1969. Quatre agents de la CIA sont supposés débusquer un espion russe au sein de la NASA, mais finissent par simuler l’alunissage, orchestré par les services secrets. Un fantasme cinématographique récurent, qui avait déjà été abordé sous la comédie dans Moonwalkers cette année. Le film parvient à utiliser intelligemment le found-footage, devenu aujourd’hui un simple outil pour faire peur. Ici, l’oeuvre questionne sur la manipulation de l’image et de la fiction, et parvient à mélanger habilement des images d’archives et fiction, à travers une reconstitution visuelle des années 60. On se prend rapidement d’affection pour ces personnages, dépassés par leurs ambitions, qui parviennent à amener une pointe d’humour. Certaines scènes sont plutôt efficaces, comme la poursuite en voiture, qui légitime l’utilisation de la caméra à l’épaule et la rend efficace. Le film parvient à être crédible, même en adhérant pas naturellement à la théorie du complot. De ce fait, le film interroge sur notre propre rapport à la fiction,  à notre crédulité face aux théories du complot et aux images manipulées. Le film apport un renouveau dans le found-footage, pour un film qui vaut le détour. 

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Dimanche 25 Septembre. Le Festival s’est clôturé hier. Une semaine intense, épuisante, et tellement enrichissante. Une ambiance si particulière de laquelle il est difficile de se détacher. Une semaine hors-du-temps. Il me tarde déjà d’être à l’année prochaine.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. princecranoir dit :

    Merci, Suzy pour cette revue quotidienne et fantastique dans les allées d’un Festival au programme alléchant. J’espère un jour pouvoir moi aussi me délecter une semaine durant de requins géants, de monstres de Frankenstein, de tueurs en série et d’hommes préhistoriques venus du futur.
    Bravo et maintenant tu peux fermer les yeux et faire de beaux rêves (ou cauchemars, comme tu veux) 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Suzy Bishop dit :

      Je t’en prie, c’est avec plaisir ! J’espère pouvoir t’y croiser l’année prochaine, les 10 ans, ça se fête quand même 😉

      J'aime

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