FEFFS 2016 : Jour 1 -Tueurs monstrueux

Samedi 17 Septembre

Hier soir, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg était de retour. Un retour qui s’annonçait plutôt bien, puisqu’il s’ouvrait avec le très attendu Swiss Army Man. Et malheureusement, suite à un empêchement de dernière minute, je n’ai pas pu y assister. Néanmoins, les retours sont vraiment encourageants, et il me tarde vraiment de pouvoir le découvrir à mon tour !

Le Festival a donc pour moi commencé aujourd’hui avec Frankenstein. Une formidable rétrospective sur les monstres Universal est proposée durant la semaine du festival. Film gothique par excellence, Frankenstein est aussi une oeuvre  fondamentale du genre. Les cimetières, les nuits de pleines lunes, le film érige la figure du scientifique fou en mythe récurrent du cinéma d’horreur. Oeuvre intemporelle par ses thèmes, le film a réussi à traverser le temps. Certaines scènes prête à sourire, mais il le film témoigne d’une véritable envie de créer la peur, que ce soit à travers l’avertissement qui ouvre le film, ou bien même au point d’interrogation qui remplace nom de Boris Karloff pour la créature de Frankenstein.  1931. La science est alors une sorcellerie morbide et effrayante, le scientifique fou se prend lui pour un Dieu. Le film parvient à retranscrire toute l’ambiguïté de l’oeuvre de Shelley : la créature n’est peut-être pas forcément un monstre terrifiant, mais plutôt un être qui cherche à trouver sa place dans un monde qui le rejette. On éprouve de l’empathie, pour ce monstre terrifié par sa propre vie. Un film indispensable.

Afficher l'image d'origine

1931. Cette même année sort M Le Maudit de Fritz Lang. A l’occasion d’une autre rétrospective, M For Murder, le festival nous propose de revenir sur la figure mythique du Serial-Killer. Film noir par excellence, le film résonne des traumatismes de l’Allemagne de ce début de siècle. Angoissé par une menace invisible et détraquée, le film semble annoncer le danger du nazisme et de la guerre. Pays blessé par une guerre sanglante, le film annonce la fin du cinéma expressionniste, hanté par la douleur de la guerre. Le film oppose la police qui cherche un coupable dans le passé, au peuple, composé des mendiants et des classes populaires qui parvient à s’unir pour retrouver le coupable. Premier film parlant de Lang, le cinéaste y démontre encore une fois un véritable talent de mise en scène, et s’essaye même au plan séquence. Une oeuvre pessimiste sur le destin de l’Allemagne, mais également fondateur du film noir.

Afficher l'image d'origine

Une pause ensuite, pour prendre l’air. Un petit tour au Village Fantastique, lieu de rendez-vous des festivaliers. Que ce soit pour une bière au milieu des citrouilles, ou pour fouiner dans les diverses créations pop, on y trouve forcément son bonheur. Mention spéciale à la vente d’affiches, souvent des originales, qui donne bien trop souvent envie de faire un crédit.

Parlons image, parlons jeux-vidéos. Parallèlement à la compétition officielle de cinéma, se déroule une compétition de jeux vidéos indépendants au Shadok. Lieu incontournable qui nous fait voyager dans le passé à travers son choix de rétro-gaming, il nous offre aussi la possibilité de tester les jeux en compétition. Mon préféré est sans doute  Double Kick Heroes, sorte de Guitar Hero où l’on joue une gundillac qui défonce des zombies sur du métal, ce qui m’a pas mal fait marrer. Mais surtout, cette nouvelle édition propose un large choix de films en Réalité Virtuelle. A voir, si vous n’êtes pas aussi sensible que moi.

Afficher l'image d'origine

Film en compétition officielle, The Love Witch d’Anna Biller est une oeuvre véritablement singulière et barrée. Le film nous plonge dans un univers sixties ultra-kitch, avec ses héroïnes aux yeux de biches, et ses perruques aux cheveux longs. L’image colorée est superbement travaillée, les femmes sont sublimées. Le film met en avant les corps féminins, ultra-sexualisés, et vire parfois au grotesque. Sorte de thriller amoureux, s’il l’on veut donner une étiquette, The Love Witch est avant tout un film drôle qui parodie joyeusement les clichés féminins, de l’amour niais à l’utilisation du corps pour parvenir à ses fins, le film fait aussi rire sur l’absurdité de la place des femmes dans notre société, soumise à toutes les contradictions. Un film délirant, qui ne plaira peut-être pas à tout le monde dans son esthétique et son délire kitcho-satanique, mais un film qui fait véritablement du bien dans le paysage cinématographique actuel. A noter d’ailleurs que c’est un véritable film d’auteur, tant Anna Biller cumule les casquettes, du montage à la musique, en passant par les costumes.

Afficher l'image d'origine

Une première journée déjà bien sympathique, même si déjà bien fatigante !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s