White Bones and Revelations

 

Passer une année normale à Poudlard. Depuis sa première année à l’école des sorciers Harry n’a fait que risquer sa vie, se précipiter de manière totalement involontaire et inconsciente vers les pires des risques. Souvent, c’est en fait le danger qui se précipite vers lui, une impression persistante que le monde lui veut du mal, que le personnage est une cible du Ciel tout entier, qui ne le laissera pas tranquille. Ses moments d’amusement, de loisirs les plus insouciants sont toujours gâchés, en témoigne cette coupe du Monde de Quidditch perturbée par l’arrivée de Mangemorts (silhouettes encapuchonnées comme le KKK mais de couleur noire, que composent les plus fervents serviteurs de Voldemort), et l’apparition à l’issue de leurs attaques de la Marque des Ténèbres, signe d’une victoire ou d’un ralliement proche pour Voldemort, supposé mort, et ses fidèles. Harry ne peut tout simplement pas vivre normalement : le message est clair dès le début d’Harry Potter et la Coupe de Feu.
Autant dire que, quand le Professeur Dumbledore annonce à ses élèves que l’école accueillera cette année le Tournoi des Trois Sorciers, événement compétitifs où trois écoles s’affrontent par le biais d’un Champion choisi par la Coupe de Feu qui donne son titre au film, compétition plutôt risquée qui permettra à son vainqueur de s’accorder une gloire éternelle… Harry est loin d’être décu par le fait de ne pouvoir participer à cet événement interdit au moins de 17 ans. La gloire éternelle ? Très peu pour lui, il ne va pas faire le choix de risquer une nouvelle fois sa vie pour s’attirer encore plus les regards dont il sature déjà au quotidien. Mais on sait que le destin, simple expression puisque ce sont bien des personnes faites de chair et d’os qui intriguent contre lui, a tendance à ne pas laisser de choix au personnage à lunettes, qui se retrouve vite et sans avoir rien fait le Quatrième Champion du Tournoi, que des règles administratives tenant quand même un peu du Deus Ex Machina en faveur des méchants empêchent de se désinscrire. On soupçonne vite, comme les personnages, un plan plus complexe, Sirius Black annonce à Harry avec raison que l’attaque des Mangemorts et sa sélection au tournoi ne peuvent être des coincidences écartées. Harry est encore une cible.

Harry Potter et la Coupe de Feu
Sacrée coiffure, messieurs !

Même dans son sommeil, chose la plus sacrée qu’il soit, Harry est agressé. C’est la grande nouveauté du quatrième opus et elle suivra longtemps le jeune sorcier, harcelé décidément de toutes parts par son lien avec le Mage Noir. Il rêve, voit ce que Voldemort voit mais étrangement une part de fiction est ajoutée à ses prémonitions, on voit effectivement le Seigneur des Tènêbres préparer son retour avec ses fidèles disciples mais, tout à coup, ils se mettent à parler à Harry et à lui jeter un sort, toujours en rêve, alors que lui est à l’autre bout de l’Angleterre. On doute un peu de la cohérence de cette affaire là, une porte de sortie existerait dans le fait que Voldemort ait concience de la présence en rêve d’Harry dans les préparatifs mais sans doute que non, il fermerait sans esprit pour que sa victime ne puisse deviner son plan… L’effet dramatique effrayant est réussi, Harry est aussi effrayé que nous par ces rèves interactifs qui passent par une statue de la Faucheuse mais, au final, le tout est assez artificiel.
Scénaristiquement, Harry Potter et la Coupe de Feu est, dans tous les cas, sans doute le moins complexe de la saga. On reste un peu dans un statu quo, le film emprunte un peu à droite à gauche dans les trois premiers film (Harry devenu paria de l’école suite à une injustice, structure en épreuves, Mimi Geignarde apportant son grain de sel à l’intrigue, jeu pour savoir qui est le traître à Poudlard), le seul personnage à vraiment évoluer et à connaître un vrai développant est finalement Ron, fatigué d’être la troisième roue du carrosse. Etre l’ami d’Harry Potter est déjà pénible pour un garçon qui passe sa vie dans l’ombre de ses frères, drôles ou brillants scolairement, mais le retour du jeune sorcier au centre de l’attention de par sa sélection dans le tournoi des Trois Sorciers achève de le rendre jaloux, il s’éloigne une première fois de Harry et il est assez dommage que le spectateur, trop obligé par le film de se tourner vers l’action et le Tournoi, ne soit pas plus exposé aux conséquences pour Harry de cet éloignement, la souffrance ne se sent pas vraiment et Ron revient bien vite dans l’équipe alors qu’on a tout juste eu le temps de se rendre compte de son départ. L’amitié est essentielle dans la saga, le fait qu’Harry puise ressentir de l’amour ou de l’affection est un peu la raison même de sa survie et il est un peu étrange à ce point du film qu’après trois films passés ce pan soit oublié.

Harry Potter et la Coupe de Feu
Il est revenu.

Oublié ? Non, pas vraiment, le film se rattrape un peu in extremis lors des épreuves. Si l’épreuve du Magyar, grand dragon à affronter pour récupérer un œuf d’or, n’a pas d’autre intérêt que de faire se rendre compte à Ron et au spectateur le danger du tournoi, l’épreuve dans le lac est en revanche à même de démontrer la « force morale d’Harry », qui sauve plus de la simple personne qu’il était supposé libérer, l’altruisme qu’on lui connait lui permettant de s’attribuer une haute place dans le classement final. On revient ici aux fondamentaux du personnage, et on est heureux qu’ils soient aussi maitrisés que l’ambiance thriller du film (le renversement d’Harry non pas aidé par ses amis mais par le méchant dissimulé pour un plus grand dessein est réussi) et son aspect echnique (l’athmosphère très gothique du Chateau et du cimetière des rèves y étant sans doute pour quelque chose). Mais sans doute le final est il le plus intéressant du film, on attend deux heures et demie dans la certitude de voir Voldemort revenir est l’on est pas décu. J’aime ce film, mais contrairement aux autres que j’aime pour beaucoup de raisons, je l’aime presque uniquement pour sa troisième partie.
À partir du moment où Harry sort du Labyrinthe en usant avec Cédric sans le vouloir du Trophée qui se révèle être un Portoloin ( en gros, un téléporteur), le film devient cauchemardesque. Askaban baignait déjà dans une atmosphère sombre assez anxiogène mais celui-ci est plusieurs niveau au dessus, violent et effrayant. Après un rituel des plus dérangeants (os volé, main coupée et sang arraché du corps même de Harry), Voldemort revient avec le physique qu’on lui connaîtra dans la suite de la saga. Au dela de la peur évidente que suscite le physique du personnage, l’impact dramatique de cette scène est important car elle redéfinit toutes les cartes, le personnage est enfin un être physique et, en un sens, les choses sérieuses commencent enfin. Après l’avoir torturé un peu, il provoque Harry en duel et la première véritable clé de la saga arrive : Prior Incantatum. Les deux sortilèges des sorciers s’entrechoquent et aucun n’arrive à bout de l’autre, Harry étant soutenu dans cette rencontre qui arrive enfin par ses parents fantômatiques : le passé du personnage revient à la charge, mais pour la première fois c’est pour l’aider. On expliquait en parlant du premier film qu’Harry avait définitivement tourné une page de sa vie, et cela passe par l’acceptation de son passé trouble qui contient encore du bonheur à même de l’aider à surmonter les épreuves. L’exécution est magistrale, la scène est émouvante et permet au spectateur de supporter plus facilement la détresse des dernières minutes du film.
C’est un fait, le film finit très mal, c’est presque le premier film de la saga à préparer le suivant. C’est une transition, comme le dit Hermione à ses camarades plus rien ne sera pareil à compter de cette aventure là, Harry a vu une nouvelle fois une personne de bon cœur mourir sous ses yeux, presque par sa faute, et ses pires cauchemars se sont réalisés. Le sort est cruel avec le personnage, le dernier plan où on le voit, entouré de ses deux amis, est presque rassurant en ce sens qu’on se rend compte que, malgré l’épreuve éprouvante et solitaire du labyrinthe, il n’a jamais été seul. Les fantômes du passé viennent lui rendre visite dans les pires des moments pour le soutenir mais, par ailleurs, ses amis sont avec lui. Pour toujours.

NN

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