Parseltongue and Memories

 

Après avoir passé une première année mouvementée à Poudlard, Harry est de retour dans sa vraie maison, son vrai foyer. Rien d’évident pourtant vu les essais insistants d’un elfe de maison qui, convaincu à raison que le jeune sorcier court un grave danger, use de tous les moyens possibles pour éviter cette échéance qui pourrait se révéler dramatique. Ainsi monte-il les Dursley contre Harry, chose assez aisée au vu, on le rappelle, de l’aversion naturelle de sa famille d’adoption pour ce vilain petit canard, un gâteau envoyé à la tête d’un invité prestigieux et notre héros est bon pour ne jamais revenir à Poudlard (punition des Dursley assez étonnante si on y réfléchit puisque n’amenant pas du tout à une protection pour eux face à cette boule de pouvoirs évidents). Inutile d’y compter, c’est par la force que les Weasley viendront dénicher une voiture volante appartenant à leur père pour voler au secours de leur ami, le jour de son anniversaire. Mais c’est après les inévitables pérégrinations au chemin de traverse (je reviendrai plus tard sur la similarité évidente de structure entre les deux premiers films de la saga) qu’Harry, cette fois accompagné de Ron, se retrouvé bloqué en gare de Londres sans pouvoir accéder à la voie 9-3/4 : le portail est fermé, seconde tentative du malicieux Dobby de protéger Harry, n’étant visiblement pas connaisseur des qualités évidentes de persévération du héros qui fonce à Poudlard, de nouveau en voiture volante, deus ex machina formidable. Harry Potter et La Chambre de Secrets peut commencer. 

Ce sont les revenants et l’intolérance qui cette année menacent Harry. L’héritier de Serpentard menace, des années après les derniers crimes que le prétendant au titre ait commis, une nouvelle fois l’école et les fils de Moldus, les MudBloods. Les Sang Purs se réveillent, Malefoy révèle sa nature raciste (vu que les origines sont différentes entre les deux sphères le mot n’est pas trop fort) alors qu’on lui connaissait déjà une médiocrité équivoque et tout porte à faire de lui l’héritier de Serpentard. Mais les apparences, on l’apprendra dès le premier film avec le personnage de Rogue mais aussi des années après avec le même personnage, sont trompeuses dans la saga magique et eux qui hurlent le plus leur culpabilité sont souvent les plus lâches et les plus incapables de commettre de tels actes. Harry n’a que 12 ans et pourtant l’ambiance est déjà sombre, presque anxiogène et effrayante par moments, et surtout le héros, après avoir été sagement conforté dans son statut en sa première année, est ici profondément remis en question alors que la nature de ses pouvoirs et, déjà, de son lien avec Lord Voldemort commencent à se révéler.

Harry Potter et la Chambre des Secrets
Les inséparables ont encore bien du chemin à faire ensemble.

Serpentard. Le mot fait horreur à tous les personnages purs et aimables de la série et préoccupe beaucoup Harry qui se retrouvé confronté à son premier choix dans l’école, celui de demander expressément au Choixpeau de le placer ailleurs. Cette peur de lui-même, de ce qu’il symbolise et cette enfance volée dont il souffre se réveillent lorsque dans la seconde année il se met à entendre des voix, à être accusé de tous les maux à cause d’une nature fâcheuse à se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, mais aussi et surtout à parler aux serpents. On l’avait déjà vu faire en première année mais cette fois-ci le personnage comme le spectateur apprennent que le pouvoir est loin d’être partagé par l’ensemble de la communauté des sorciers. Pire, il est un mauvais présage et un signe quasi certain de magie noire : un don acquis, on l’apprendra, par son assassin manqué devient alors la malédiction du jeune sorcier, qui doute déjà de sa véritable place dans le monde des sorciers, chose que l’on verra exacerbée lors de sa cinquième année.

Les choix font l’homme. Le message de Chris Columbus (largement bien sûr tiré des écrits de J.K Rowling) est clair et louable et nie pour beaucoup les idées de « destinée » qui sont souvent présentes dans la littérature à la fois enfantine et de fantasy. Harry n’est pas un mauvais sorcier parce qu il partage des caractéristiques avec les mauvais sorciers, il est une belle personne parce qu’il doute du bien fondé d’un mauvais usage de ces caractéristiques, doute de lui même et surtout a peur de faire le mal avec ses pouvoirs. C’est bien là le signe de la bonté : avoir peur de faire le mal, c’est déjà connaître la frontière entre bien et mal et donc l’éviter. C’est la base même du personnage à l’insouciance sacrifiée qu’est Harry Potter, un questionnement éternel sur la nature de l’Homme. Harry parle Fourchelang à deux reprises dans le film, d’abord pour éviter qu’un serpent attaque un de ses camarades, et ensuite pour ouvrir la porte qui sauvera Ginny. Quand à Tom Jedusor, fantôme immatériel qui voudrait changer de nature et y parvient presque, II l’utilise pour faire attaquer le Basilic, serpent monstrueux assoiffé de sang. Les choix, encore et toujours, font l’homme.

Harry Potter et la Chambre des Secrets
Le staff de l’école a du travail cette année pour endiguer la peur.

La similarité des intrigues des deux premiers films renforcent encore la posture assumée du jeune sorcier. En résumant avec simplicité : Harry est victime de ses oncle et tante et cousin et se retrouve tant bien que mal à Poudlard, l’idée étant évoquée par un personnage secondaire provenant de l’univers des sorciers (Hagrid ou Dobby). Alors, on le voit assister à un cours qui sera plus tard utile dans le film (Wingardium Leviosa ou la Mandragore), l’école est effrayée à cause d’une créature attaquant les élèves dans le château (le Troll ou le Basilic), et non sans lien avec un mystérieux endroit plus ou moins caché dans le château (la cachette de la Pierre ou la Chambre des Secrets). Une rencontre dans la forêt interdite manquera de coûter la vie à Harry mais lui apprendra aussi beaucoup plus que ce qu’il était venu y chercher (Voldemort ou Aragog). Alors, un des trois personnages clés est blessé (Ron ou Hermione) et l’autre reste en arrière pour qu’harry combatte seul le danger (Hermione ou Ron). C’est un artefact mystique qui n’apparaît que si on le mérite (la Pierre ou l’Épée) et une bonne dose de courage et de ruse qui permettront à Harry de combattre Voldemort et celui qu’il contrôle (Quirell ou le Basilic), et de participer à un débriefing avec Dumbledore, finissant son année tranquillement. Les deux résumés valent pour les deux films et, la simplicité apparente de l’intrigue qui en ressort relève plus de la cohérence (poser les bases d’une série mais aussi raconter une histoire complète étant les deux défis de colombus, bien maîtrisés) que de la paresse. Deux missions presqu’indépendantes pour Harry, qui se suffisent tout à fait à elles mêmes mais qui pourtant, on le verra plus tard, posent les bases d’une intrigue plus complexe
aux ramifications multiples.

Il s’agit pour Harry d’affronter des souvenirs. L’ennemi est encore matériel en fin de film mais, comme en préparation à Askaban, l’action pure ne se focalise pas sur Voldemort en lui même ni la menace qu’il représente mais plutôt sur Harry et sa manière de prendre les choses. C’est toute la force de cette saga dès ces débuts, ne pas hésiter à aller ailleurs que dans les sentiers battus pour poser de solides caractéristiques et de solides questions qui vont se répercuter dans l’ensemble de l’œuvre. Harry souffre du sacrifice qu’on fait ses parents pour lui mais cela éveillé aussi en lui une volonté de faire le bien et que personne n’ai à souffrir comme lui l’a fait. Il est souvent confronté à la médiocrité, comme contre Lockart ici, pantin jouissant d’une notoriété plus grande que celle du héros mais imméritée, sorte de miroir déformant de ce qu’aurait pu être Harry s’il avait vécu moins humblement. C’est aussi l’intérêt, mais l’analyse est très personnelle, pour lui d’avoir vécu chez les Dursley : s’il avait été élevé dans la gloire et l’amour de lui meme le résultat aurait sans doute été différent du personnage empli de bonté ne cachant pas son amour propre que l’on connaît. Ce n’est que le début des aventures du sorcier qui en sait déjà beaucoup sur ce qu’il est : quelqu’un de bien.

L’univers est encore magique dans ce second volet. Malgré la noirceur accentuée de celui-ci, l’heure est encore à la découverte de la magie des lieux et aux aventures épiques et couronnées de succès. Les choses vont changer dès les aventures suivantes et il faudra attendre peu avant qu’harry n’ait à basculer prématurément dans l’âge adulte. Pour l’heure, il n’est qu’un enfant.

NN

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