Sweet and Sour

The sweet is never as sweet without the sour.

La vie, souvent, c’est vraiment douloureux. Il peut nous arriver des choses affreuses à plusieurs niveaux de souffrance alors que tout va bien, connaître des espoirs qui seront ruinés à même le sol, ne pas arriver à se détacher de qui on est et de ce que l’on voudrait voir disparaître chez nous. Tout avoir une nuit et tout perdre au lendemain matin. Qui n’a jamais souhaité, même un sentiment bref, même pour quelques secondes, pouvoir recommencer à partir du moment où tout est parti dans la mauvaise direction, comme on rembobinerait un mauvais film pour créer soi-même la suite ? Mais des opportunités pareilles, dans la vie, ça n’existe pas.

Mais comment rêver d’une chose pareille ? La vie, c’est assumer. Le héros de Vanilla Sky, David a tout, il est riche, beau (les traits de Tom Cruise sont là pour immortaliser le fait), a une relation satisfaisante avec une fille, fête son anniversaire chez lui avec ses amis, rencontre une splendide jeune fille ayant pour traits ceux de Pénélope Cruz ( qui jouait déjà le même rôle dans le film original d’où provient celui-ci, Ouvre les Yeux). Mais ce rêve onirique, on ne sait pourquoi, a tourné au cauchemar : défiguré et affublé d’un masque, David essaie de comprendre le crime qu’il a commis avec son psychiatre. Comment est-on passé du rêve au cauchemar ?

Vanilla Sky
Défiguré.

Les cartes sont brouillées, les personnages sont malmenés, l’intrigue est anti-linéaire, les visions se suivent et ne ressemblent à rien de connu : Vanilla Sky est un rêve et un cauchemar, une vision onirique et troublante de la réalité où tout est symbole et rien n’est à sa place. L’intrigue formelle, en elle-même, n’a que peu d’importance dans ses rebondissements et son plot-twist final, seuls importent le sens des images floues et dramatiques qui sont montrées au spectateur, sur don d’une musique pop délicate et endiablée, Cameron Crowe nous montre la folie d’être un humain et la peur de la chute avec une sensibilité explicite. A la suite d’un accident dramatique qui lui a fait perdre tout ce qu’il avait au monde, David a choisi de mourir et, dans une boite de congélation, de connaître le rêve pré-écrit par lui-même d’une vie qu’il aurait vécue dans ses rêves une vie pleine de sweet, qui suit directement l’accident mais n’en contient pas la solitude.

C’est en tous cas ce que la société lui a vendu. On n’échappe pas au sour de la vie, on n’échappe pas au drame pour n’avoir que la comédie, à la tristesse pour n’avoir que le bonheur, et David le comprend à ses dépends. Dans ce rêve magnifique dont il n’a une conscience que limitée, il découvre l’horreur, la culpabilité revient sous forme de visions épouvantables, de cauchemars dans le cauchemar, les apparences se remplacent entres elles, Pénélope Cruz devient Cameron Diaz mais le persuade qu’elle est restée la même, il croit la tuer et vivre dans l’amnésie avec son psychiatre mais l’amnésie est arrivée bien avant le point de rupture : en voulant fuir les problèmes, David a finalement oublié de vivre.

Vanilla Sky
Enlever le masque, accepter le réel ?

Mais que faire quand la réalité nous rattrape ? Elle finit toujours par le faire, chez David c’est son inconscient qui a choisi de le rattraper, de le sauver de ce bonheur factice, artificiel au possible et finalement immatériel et illusionnel. Finalement, il écoute les voix dans sa tête, choisit d’ignorer les représentations de son esprit qui voudraient le convaincre que tout cela est réel (d’où le psychiatre, Kurt Russel hyper convaincant dans un rôle à plusieurs dimensions), mais aussi celles qui sont conscientes de son état et veulent qu’il y reste (son docteur attitré travaillant pour la compagnie de congélation, personnage donc à la fois réel et imaginé) et saute dans le vite. Le vide est artificiel mais il est un moyen pour lui de se réveiller : quand on tombe dans le vide, on se réveille toujours.

Les yeux sont ouverts, open your eyes David. Est-il tombé dans ma réalité, est il à l’hôpital ? Ou se réveille-t-il vraiment de son rêve de congélation, avec toute une réalité qui l’attend, pleine de souffrance et de bonheur, de hurlements et de soupirs, de vie et de mort ? Sweet, and sour …

NN

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s