Carnival of Souls

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Les véritables beautés sont cachées des yeux du monde. Oubliées par le temps. On les découvre au détour d’un mot, d’une image, d’un son. On les fait revivre du néant. C’est tout l’intérêt même de ces mots, d’illuminer le passé, de le faire exister un temps. Le Carnaval des Âmes de Herk Harvey est un de ces chefs-d’œuvres méconnus. Imparfait, mais qui dégage un charme fou.

À la suite d’une course de voitures improvisée, un véhicule transportant trois jeunes femmes tombe d’un pont et s’enfonce dans une rivière. Unique rescapée, Mary, une organiste professionnelle, part ensuite s’installer à Salt Lake City où son nouveau travail l’attend, mais des événements étranges surviennent bientôt.

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Le film est imparfait. Les seconds rôles sont parfois maladroits. Le film est un peu court, et la tension finit parfois par retomber. Mais le film possède un budget ridiculement petit, et on ne peut qu’admirer la performance. Carnival of Souls est pourtant un film magnifique. Le film parvient à nous plonger dans une état proche du sommeil. Celui où le rêve prend le pas sur la réalité. Où les repères se brouillent. Où règne l’étrangeté.

Car ce Carnaval des Âmes sait inquiéter. Les effets-spéciaux sont rares. L’ambiance semble empruntée aux films expressionnistes allemands. Les visages se crispent, expriment la mort, à travers des visages blafards et sinistres. Simple, et pourtant si efficace. Le revenant est effrayant, surgissant des profondeurs noires de l’eau, et cherche à ramener Mary de là où elle vient, du monde des morts. L’ambiance est sinistre, étrange et surréaliste. L’orgue, instrument de Dieu, résonne de la musique sinistre de l’enfer. Elle est profane. L’étrange fait peur. Il amène l’effrayante impression d’aliénation. Quelque chose n’est pas à sa place. Afficher l'image d'origine

Mary erre dans les ruines sinistres d’un parc d’attraction. La mélancolie d’une joie d’autrefois. Les morts condamnés à danser pour toujours sur cette funèbre musique. Ce tournoiement sans fin. Ce vacillement de l’âme. Cette danse macabre.

La beauté  de Candace Hilligoss est fascinante. Les yeux innocents. Le visage étrange. Cette beauté du bizarre. Le film repose sur ce visage, qui parvient à dégager la peur. Au-delà même de faire revenir les morts, la peur vient de l’intérieur. D’une âme malade, en proie à la terreur, à la solitude. Et la dépression. Le choc terrible de voir ses amies englouties dans les eaux, la pousse à l’isolement. Cette incompréhension totale des autres. L’impossibilité de trouver sa place dans un monde qui l’ignore. Le doute de sa propre existence. Le film parvient formidablement à sonder la mélancolie. Cette chute perpétuelle vers le néant, la peur incontrôlable de la mort qui semble nous rattraper à chaque seconde. Ce mur silencieux qui nous oppose aux autres.

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Le Carnaval des Âmes est une oeuvre mystérieuse, étrange, effrayante. L’atmosphère cauchemardesque  L’image transcende les mots. Parfois il m’est impossible de dire la réalité. Parfois il vaut mieux se taire, et admirer soi-même. Partir en quête de l’inconnu. Ces mots ne peuvent dire. Il faut voir.

 

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