The Fall of the House of Sharpe

J’ai crée ce blog pour vous parler de ce que j’aime. Et ce que j’aime c’est le cinéma. Parce que sans m’en rendre compte, parler de ce qu’on aime, c’est forcément parler de soi. C’est presque donner une définition de soi-même. C’est sans doute pas ce qui est recherché ici. Mais il m’est impossible de parler de ce film de manière très objective. Le film entier est une partie de ma vie, et une partie de ma vie future. Dire que je suis passionnée par le gothique est un euphémisme. C’est véritablement mon obsession. Alors quand j’ai appris il y’a quelques mois l’existence de Crimson Peak de Guillermo Del Toro, j’étais littéralement en transe. De Del Toro, je n’ai vu que le Labyrinthe de Pan, qui m’avait tout simplement émerveillée  et que je rêve de pouvoir revoir à présent. J’avais de quoi être impatiente. Surtout que c’est rigolo de voir Tom Hiddleston tomber amoureux de Mia Wasikowska, quand on connaît Only Lovers Left Alive.

 

Afficher l'image d'origine

De quoi ça parle ? Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : « Prends garde à Crimson Peak ».

Croire que Crimson Peak est un film d’horreur, c’est déjà faire une erreur. C’est un film gothique. Le gothique, c’est avant tout une atmosphère. Sombre, noire, étrange. Celle froide, de la mort, de l’hiver glacial. C’est une tension permanente qui ne cesse de s’accroître tout au long du récit. Le gothique, c’est l’art de la mort, des monstres et des lieux maudits. Qui propose un combat entre l’inocence et les créatures malfaisantes. C’est créer la peur. Pas la faire survenir. Pas nous surprendre. C’est nous inquiéter.  Le gothique, ce n’est pas une surprise. Pourtant le film nous offre quelques sursautements. Mais ils signifient. Ils nous préviennent. La présence des morts n’a rien d’anodine, car elle signifie. Ces fantômes font peur, car ils ont peur. Car ils veulent nous faire fuir. Ces fantômes ne sont pas des ombres. Ce sont presque des êtres de chair, qui hantent l’image dans tous ses recoins. Ils errent dans les couloirs sans fin du manoir. Leur apparition n’est finalement jamais si surprenante, car attendue. Ils apparaissent toujours tard pendant ces longues nuits solitaires. Ils sont là, quelque part dans le noir, attendus, sans jamais savoir quand ils vont surgir. La peur, ce n’est pas la surprise. C’est lorsqu’on est confronté, impuissant, face à ces créatures nocturnes qui s’avancent lentement dans un couloir. Des restes humains dans de vieilles robes d’antan. De vieux souvenirs macabres qui hantent la nuit.

Afficher l'image d'origine

Le gothique, c’est presque une caricature du genre lui-même. Car finalement, tous les récits gothiques se ressemblent. Des histoires de fantômes, de manoirs et de châteaux abandonnés. Ils suivent presque tous les mêmes schémas narratifs. Réinventer le genre gothique, c’est difficile. Les histoires de fantômes, elles existent depuis le 18ème siècle, depuis Walpole et son Castle of Otranto.  C’est toujours une innocente jeune fille, poursuivie par une créature maléfique, réelle ou non. Des histoires d’amour qui tournent mal.C’est toujours cette même tension entre le bien et le mal. Ce gothique, c’est un genre, et comme tous les genres, possèdent ses caractéristiques. Un lieu isolé et abandonné. Un mystère. Une atmosphère lugubre. Des créatures sorties des enfers. Surtout à ses débuts, le genre gothique est très caricatural, et reprend toujours les mêmes trames narratives. Les nouvelles de Poe se ressemblent toutes.  Alors reprocher à Del Toro d’avoir un scénario très simple, c’est peut-être absurde. Car Crimson Peak  se revendique comme une oeuvre purement gothique, qui en possède toutes ses spécificités. C’est l’essence même du gothique. Raconter des histoires qui font peur. Des histoires simples, mais efficaces, car intemporelles.

Afficher l'image d'origine

Et le pari de Del Toro est réussi. L’atmosphère du film est envoûtante. C’est curieusement un univers sombre où règne la couleur. Des teintes vertes et violettes. Et ce manoir absolument fascinant. Ce manoir, c’est un personnage. C’est un être qui vit, un être  qui va vers sa mort. Qui grince, qui claque,qui crépite, dans lequel le vent souffle sinistrement. Qui abrite des fragiles papillons. Il est imposant, effrayant. C’est un labyrinthe, qui comporte des lieux interdits. C’est un lieu du passé. Qui abrite des souvenirs qui errent péniblement. C’est aussi cette neige rouge sang. Le film est sanglant. Il débute et finit dans le sang. Tout annonce la mort. Tout ce qui vit dans ce manoir est paradoxalement mort. L’amour, le passé, la famille. Elle rôde. Ce manoir intrigue. Par son architecture baroque, par ses objets, ses meubles. L’esthétique du film est sublime. Magnifiquement terrifiante.

Afficher l'image d'origine

Chaque plan révèle des métaphores. Le manoir est habité par le passé. Un passé cruel. Les fantômes ne sont pas les vrais monstres. Ce sont les hommes. Des barbares charismatiques. Hantés par leur propre passé. Des monstres, par leur sauvagerie. Par leur morale déviante. Par leur relation malsaine. La tension aboutit sur des révélations dérangeantes car malsaines. Les personnages sont attirants. Le visage étrange et innocent de Mia Wasikowska. Véritable héroïne gothique. Hors de la société, tiraillée entre réalité et imagination. Mais naïve, qui tombe facilement dans chaque piège. Poursuivie par les terrifiants hôtes de ce manoir. Car finalement, qu’est ce qui prouve que les fantômes existent ? Les monstres, sont réels. Il y’a toujours un caractère ambigu. Sur ces fantômes. Sur les personnages. Thomas est un personnage énigmatique dont  on ne parvient pas à cerner l’identité. Mais le mystère se prolonge jusqu’à la fin.

Afficher l'image d'origine

J’aime Crimson Peak de tout mon coeur. Il n’est pas parfait, je le vois. Beaucoup vont lui reprocher son scénario. Beaucoup vont lui reprocher de ne pas être un film d’horeur. Je pourrais me battre physiquement pour défendre ce film.  Il représente à lui seul ce qui me passionne  véritablement. Un film gothique, ce n’est plus vraiment banal dans le cinéma d’horreur, qui se perd à ne jamais se réinventer. Curieusement, ce film n’a rien de révolutionnaire, au contraire, puisqu’il reprend un schéma totalement classique. Mais il est réellement efficace. Par sa beauté visuelle absolument renversante. Par son mystère, son atmosphère macabre et terrifiante. Par ce plan final, cette musique, ces frissons qui m’ont fait retomber amoureuse d’un genre que j’aime déjà passionnément.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s