Nom de Zeus !

Au fond, qu’est ce qu’un film ? Un objet ? Une petite boîte magique cachée dans un tiroir ? Ou quelque chose d’informe, de dématérialisé, d’invisible ? Et après ? Un film, c’est une curiosité en soit. Une oeuvre qu’on ne peut pas voir à l’oeil nu, non pas quelque chose de brut. Non, c’est presque une sorte de rituel. Se réunir tous ensemble dans une salle sombre, c’est tout de même quelque chose de vraiment particulier. On le partage involontairement avec une centaine d’inconnus. Et parfois tout seul, dans la nuit. Qu’on le veuille ou non, un film, ça demande du mouvement, ça demande de la vie. Un film, c’est vivant. Ca bouge, ça court, ça danse, ça vole. Visuellement, c’est un mouvement continu pendant un temps. Les rôles s’inversent. L’animé s’arrête et voit l’objet prendre vie. Sur un écran, tout devient possible. Un film, c’est le seuil d’un monde où tout est possible. Un monde semblable au nôtre, si vrai, et pourtant si fictif. C’est un pacte qu’on noue dès le début, où on accepte que tout peut être possible, même le plus fou. Que la raison peut être remise en cause. Qu’importe, car tout est possible. Un film, c’est aussi du vivant, car il s’immisce en nous, sans le voir. Des images, des sons, des phrases. Qui restent ancrées quelque part et qui ne nous quittent plus. Des souvenirs. Des rêves qu’on croyait disparus. Et encore une fois, quelque chose qu’on partage avec des centaines, des milliers, des millions de personnes à travers le monde. Sans le savoir, un film nous réunit.

Un film, ça ne peut pas nous apporter plus que ce qu’il a à nous offrir. Un portrait terrible du monde dans lequel on vit. Une oeuvre qui ne cherche rien d’autre qu’à se dire elle-même. Une satire du cinéma. Une comédie dramatique. Un divertissement. Des milliers de possibilités, et une seule choisie. Car oui, un film, ce n’est pas forcément un film d’auteur de trois heures sur une famille d’un pays de l’Est. Une réflexion métaphysique poussée du monde moderne. C’est aussi du divertissement. On pourrait reprocher de nombreuses choses à ce cinéma là. L’argent facile, par exemple. Pourtant, c’est probablement le lien le plus fort d’un public avec un film. Parce que c’est une manière de rêver, de s’échapper du réel. On a besoin de sortir du réel, de retrouver des héros/ines qui nous sauvent encore une fois de la fin du monde. Besoin de voir des dinosaures prendre leur revanche sur les hommes. Voyager dans le temps, et visiter des époques inconnues. C’est aussi ça, le cinéma. Un rêve, un court moment hors du réel.

C’est probablement pour ça que j’aime tant Retour vers le futur, de Robert Zemeckis. Le premier d’abord, ne précipitons pas les choses.

Ce film arrive à me faire doublement voyager. Déjà par son esthétique des 80’s. J’adore cette période au cinéma, surtout du divertissement. C’est l’époque de E.T, de Jurassic Park, des Dents de la Mer,  l’apogée de Spielberg qui a réussi à réinventer le divertissement. Une période où je n’étais pas née, mais que je découvre à travers tous ces films. Des films avec une esthétique particulière, une authenticité remarquable. Le grain de l’image paraît un peu vieux par rapport au numérique d’aujourd’hui. Pourtant, je le préfère largement. Il paraît plus vrai, plus sincère. Une époque d’innocence, où les jeunes partaient à bord d’une De Lorean dans les années 50. Car oui, les enfants et les ados étaient au coeur des tous ces films.

Ce qui me fait toujours rire avec Retour vers le futur, c’est qu’il me fait voyager dans les années 80. Où on fait du skate, du rock à fond. On boit du Pepsi, on s’habille avec des bouées de sauvetage, et on téléphone avec des portables à antennes. Moi ça me fait déjà sourire, parce que je n’ai rien connu de tout ça, et c’est déjà un bond dans le passé pour moi. C’est ça que j’adore dans ce film. C’est un film vraiment drôle et vraiment attachant. Attachant, parce qu’il y’a une vraie innocence dans ce film. Mine de rien, on se rend compte qu’on est dans une autre époque du cinéma, rien que par la caméra qui n’est pas hystérique. Ca prend le temps qu’il faut. On nous inflige pas des bastons et des scènes d’une inutilité intergalactique. On est dans de la science-fiction qui se prend pas au sérieux. Ca peut pas me faire plus plaisir. C’est simple, c’est ultra-fun, et moi il ne m’en faut pas plus.

Et puis mince alors. En plus des dinosaures, moi le voyage dans le passé, ça me fait rêver. Surtout à bord d’une De Lorean, ce qui est encore plus classe. Le film fonctionne en écho. Chaque situation du présent retrouve une répercussion dans le passé. Tout est imbriqué, ce qui fait que tout semble absolument cohérent. Aucun besoin de nous bassiner avec des théories scientifiques complexes et incompréhensibles qui rendraient le film plus réel. C’est justement sa simplicité qui donne envie d’y croire. Car de toutes façons, on a pas le choix d’y croire au voyage dans le temps. Dans ce film, tout est possible, c’est ça qui est génial.

C’est un film attachant aussi, à travers ses personnages. Doc Brown, incarnation même du scientifique fou est un personnage farfelu, toujours accompagné de son chien Einstein, forcément. Avec Marty, ils font partis de ces personnages devenus cultes, avec qui des millions de gens ont partagé l’aventure. Chaque personnage trouve sa place. C’est un des rares films que je ne peux que regarder en VF. Car oui, j’ai grandit avec ce film, que je commence à connaître au mot près. Ce sont des répliques tellement ancrées dans ma tête, que je n’arrive pas à les imaginer autrement. Car oui, Biff Tanen ne serait pas lui-même s’il dit autre chose que  » Tu veux ma photo, banane ? « . Ca participe à toute l’innocence du film, et à son immense notoriété.

Le film regorge de petits clins d’oeil à la pop culture et d’inventions en tous genres. L’une des idées géniales de cette trilogie, c’est la rencontre entre deux époques différentes. Le Marty du futur, qui rencontre ses parents dans le passé. Sauf que oui, tout ce qui se passe dans le passé a des conséquences immenses sur le futur. J’adore cette idée que toutes les inventions du passé sont en fait des accidents crées par Marty dans le passé. L’invention du skateboard. L’idée que Chuck Berry s’est inspiré d’un solo inventé par Marty. C’est en grandissant que j’ai pris conscience de tous ces petits détails, surtout que j’adore Chuck Berry plus que tout. C’est juste, à mon sens, l’idée la plus fun du cinéma.. Recréer les années 50. Ca ne pouvait pas me faire plus plaisir, parce que esthétiquement parlant, c’est ma période préférée. Alors ça me fait encore plus rêver. C’est ça que j’adore avec ce film. Sa façon de recréer le monde. De recréer le temps. C’est un des pouvoirs magiques du cinéma. Celui de faire revivre le disparu, de créer du possible. De nous emmener dans ce qui semble presque absurde sans qu’on s’y oppose. Au contraire, c’est ce qu’on y cherche.

C’est créer un monde de rêve qui devient presque réel. Une musique, une réplique, un visage, qui soudain nous rappellent nos propres souvenirs. Un plaisir immense qu’on retrouve quand on le revoit, quand on en parle même. Je suis une inconditionnelle de cette triologie. J’attends toujours mon hoverboard. Plus tard, j’espère avoir une De Lorean. J’attends le 21 octobre dans l’espoir de voir arriver Marty. Si un film est capable de nous faire rêver à ce point, c’est qu’il est forcément réussi.

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