Midnight City

La science-fiction est probablement un de mes genres préférés, parce qu’il est le genre du possible. Et si. Et si l’on était capable de faire renaître des dinosaures dans notre civilisation. Et si on pouvait voyager dans le temps à bord d’une DeLorean. Et si, des enfants étaient dotés de super-pouvoirs. La science-fiction ne se passe pas toujours dans un monde futuriste. Elle est parfois plus capable de dire la réalité qu’elle n’en serait elle-même capable. Elle retrace des destins extraordinaires pour nous parler de questions véritablement complexe. La science-fiction est un genre vaste, dans lequel peuvent s’imbriquer différents mondes. C’est un genre, et comme tous genres, il peut être renversé. Midnight Special de Jeff Nichols fait sans doute partit de mes films préférés de ce début d’année.

Afficher l'image d'origine

Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

De Jeff Nichols, je ne connaissais que Mud. Mais le film transpire le Southern Gothic, et était fait pour me plaire. Pourtant j’attendais Midnight Special avec énormément d’impatience. Midnight Special ne se passe pas dans un autre monde. Le film se passe dans notre réalité. Alton ressemble d’abord aux autres. C’est un enfant avant d’être spécial. Un enfant qui lit des comics de Superman. Un enfant qui semble se déguiser, avec des lunettes de piscine et un casque. Des accessoires qui paraissent anodins dans notre réalité. Pourtant, cela apporte une vraie identité visuelle à ce personnage. C’est le costume d’un enfant qui voudrait être un super-héros, mais qui est ici un être extraordinaire.  Avant d’être différent, c’est un enfant. Le film ne nous donne pas de réponses. Il nous projette in medias res, au beau milieu d’une situation qui paraît flou. Pourquoi, comment. Les réponses ne seront jamais données et peu importe. La science-fiction n’est qu’un postulat pour explorer des relations père-fils. Celle d’un père prêt à tout pour protéger son fils. Paradoxalement, Jeff Nichols semble prendre la morale à contre pied. La famille n’est pas un lieu sacré. C’est un lieu qui doit être fuit. Sinon, elle en devient étouffante. Ce qui intrigue encore plus, surtout dans le Sud et la Louisiane, là où la famille est fondamentale.

Afficher l'image d'origine

Le film est alors visuellement sublime. Il nous plonge dans l’obscurité la plus totale. C’est pourtant dans cette nuit sombre qu’Alton va illuminer son entourage. Ses pouvoirs, que ni les personnages, ni les spectateurs pourront jamais comprendre, font de lui un être lumineux, au sens littéral comme figuré. Le film n’est qu’une longue course poursuite dont on ne connaît pas réellement le motif. Alton est avant tout un enfant, et c’est peut-être son statut d’enfant qui intrigue tant. Son innocence, son intelligence. Qui le rende si spécial. Il est le seul à pouvoir montrer une vérité et à libérer ceux qui l’entoure. Le film est plutôt complexe. Mais le voir ainsi le rend à mon sens réellement magnifique.

Jeff Nichols semble obséder par certains thèmes qui deviennent récurrents. La paternité, la famille, la fuite, les motels miteux, le Sud. Il parvient encore une fois à sublimer les paysages étranges du Sud et de la Louisiane. Il joue constamment sur le crépuscule ou la nuit, c’est moments où l’on parvient à peine à distinguer ce qui est devant soi. La caméra offre une image presque mélancolique, étrange. La musique elle, nous emmène ailleurs.

Afficher l'image d'origine

 

Je ne sais pas pourquoi j’ai tant de mal à parler de ce film. Peut-être simplement parce qu’il transcende les mots. C’est un au-delà des mots. Parce qu’il est parfois trop difficile de mettre des mots sur ce que l’on aime vraiment, profondément. Parce qu’il n’y a parfois pas de raisons pour aimer quelque chose, et qu’on l’aime trop maladroitement, mais qu’on l’aime sincèrement.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s