Ex-Nihilo

Salut à toi ! Voici donc une petite revue de Ex Machina, un film de Alex Garland sorti au début du mois de juin. J’ai eu l’occasion de le voir ce week-end contrairement à Mademoisellechat, et j’ai estimé qu’il méritait de l’attention. ( Oui, sous vos yeux ébahis, je suis littéralement en train de me faire piquer définitivement ma place. Mon disciple est en train de me dépasser. )

 

On va commencer tranquillement par un petit pitch. Caleb, employé du leader mondial des moteurs de recherche gagne une semaine chez son patron à l’issu un tirage au sort. Ce dernier possède un domaine immense perdu au milieu de montagnes anonymes, si vaste que l’on s’y rend en hélicoptère. Il s’avère finalement que cette invitation cache autre chose: Nathan, le PDG de la boîte, a, sur un coup de tête, mis au point une intelligence artificielle nommée Ava. Caleb va donc être en charge de faire passer un test à l’IA pour déterminer si oui ou non elle est effectivement intelligente.
Le principe du test est relativement simple: Caleb va passer du temps avec l’IA et devra, à l’issu des 7 jours de test, dire s’il peut ou non faire la différence entre l’IA et un vrai être humain. C’est en fait une version un peu modifiée du test de Turing, puisque dans Ex Machina Ava a une apparence androïde féminine, et notamment un visage de femme.

De gauche à droite ; Nathan (PDG), Ava et Caleb

Grosso merdo, notre Caleb va s’éprendre de ce qui ressemble à de l’amour pour Ava, et ensemble ils vont se promettre de s’échapper ensemble. Les personnages évoluent quasi-exclusivement dans l’enceinte de la demeure, dans laquelle tout est sous contrôle, tout est surveillé et supervisé. Cependant les principales évolutions du scénario ont lieu lors de coupures de courant: l’atmosphère y est alors lourde et tendue. Cela a beau s’être reproduit plusieurs fois, je ne m’y suis toujours pas fait tellement c’était prenant. C’est d’ailleurs l’occasion de saluer la qualité et l’efficacité de la mise en scène concernant plein de choses, et particulièrement le fait que Ex Machina prend son temps: ce qui doit être dit est dit tranquillement, et cela contribue à l’efficacité des scènes durant lesquelles le rythme s’emballe. Je ne vais pas vous spoiler la fin puisqu’elle mérite vraiment d’être vue. À première vue elle est déstabilisante, et si on en reste à ce qui est purement factuel on peut très bien sortir de la salle en se disant que l’on vient de voir un énième film traitant de l’intelligence artificielle. Seulement non. Juste non, puisque Ex Machina est un film qui parle de nous, des humains. C’est un sacré tour de force permis par une écriture intelligente qui s’appuie sur une mise en scène qui laisse toujours à l’image la dualité entre les machines et l’atmosphère close et anxiogène de la demeure de Nathan, et la nature apparemment chaotique du dehors.

Il y aurait des tonnes de choses à dire sur ce film. Globalement, il y a bien plus à tirer de Ex Machina que ce qui est narré : vraiment plus. A noter que certaines scènes, certains propos et certains actes ne servent pas directement l’intrigue mais aident grandement à son interprétation (et ça j’adore !). Pour finir cet article je vais rappeler une chose qu’il est tristement intéressant de garder en tête pendant le visionnage (allez le voir !): Ava est créée à partir de nous. On l’apprend très tôt dans le film, elle est basée sur nos recherches, nos conversations téléphoniques et ce que la caméra de notre téléphone portable enregistre: ça passe pour une anecdote au premier abord, une sorte de justification du pourquoi du comment, alors que c’est finalement pour moi le point central du film. En prenant cela en compte, Ex Machina a une portée immense: je pourrai écrire des pages pour vous expliquer ce que j’en tire mais j’ai le sentiment que vous vous ennuieriez. Et de toute façon, allez vous faire votre propre opinion (la mienne est torturée)! Ah et merci à monsieur Alex Garland, c’est ce genre de films qui me font retourner au cinéma encore et encore.

 

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