1975

Parfois, on ne sait pas. On est incapable de dire si l’on aime ou non. Parce qu’on se trouve devant une oeuvre tellement contradictoire, tellement insensé qu’on ne sait plus. Elle nous dépasse. C’est le cas avec High-Rise, de Ben Wheatley, qui m’a laissée dans un tel état de perplexité que j’ai du mal à savoir quoi en dire.

 

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1975. Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix…

Ce film est une dystopie, pourtant ancrée dans une époque. 1975. Celle des tapisseries horribles, des moumoutes, et la libération sexuelle. Beaucoup évoque Snowpiercer, que je n’ai pas vu. Il m’évoque un curieux mélange entre  1984  d’Orwell, pour la froideur effrayante qui s’en dégage, et Orange Mécanique, pour tout le grotesque et la violence, en plus de l’esthétique particulièrement kitsch des 70’s. Les tours immenses sont des personnages. Elles nous oppressent. A l’intérieur s’opèrent une lutte des classes. Les plus pauvres sont en bas, tandis que les plus riches vivent dans de luxueux et improbables appartements. Tout ne devient que chaos. L’ascenceur ( social ) s’éteind. L’électricité n’est plus. Chaque classe cherche à montrer à l’autre qu’elle est capable de faire la meilleure fête possible. La violence éclate. Les poubelles s’entassent. Les orgies continuent. Le film est anxiogène et malsain. Les riches se laissent à toutes les déboires possibles. Comme si s’amuser signifiait l’excès.

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Mais voilà. Si le début annonce une suite qui apparaît comme brillante, on s’y perd. Les images sont superbes. Mais on ne sait que peu de choses. Pourquoi tout le monde plonge dans ce chaos ?  Le film ne fait qu’enchaîner les situations dérangeantes de sexe et de violence sans finalement y apporter quelque chose. Il tombe lui-même dans ce qu’il cherche à démontrer. Il devient lui-même chaotique et perd de son sens et de sa force, pour ne finalement tourner à vide. Les personnages ne sont pas assez percutant, et on s’interroge constamment sur l’identité de chacun en tant que personnage. Son nom, son rôle. Le film manque peut-être de consistance, à force de vouloir aller toujours plus loin.

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Néanmoins, même si je ne sais pas quoi éprouver pour ce film, je pense qu’il faut en parler. Qu’il faut le voir. Parce que ce genre de film est assez rare. Sa distribution est aussi chaotique que ce film. Et tant mieux peut-être, car beaucoup ce serait fait avoir par la présence de Tom Hiddleston. Mais tant pis, car il faut le voir. Tard le soir. Pour être peut-être pris dans l’étrangeté de ce film. Et il faut parler de ces films, pour ne pas qu’ils tombent dans l’oubli. Parce qu’ils ont le mérite d’essayer, ce qui est déjà immense.

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