We all go a little mad sometimes

La psychose : Maladie mentale qui fait perdre à celui qui en est atteint tout contact avec la réalité. Généralement lié à la schizophrénie, et se caractérise le plus souvent pas des hallucinations. En soit, ça a déjà un côté effrayant et en même temps fascinant. Alors quand Hitchcock décide d’appeler son film ainsi, on peut s’attendre à quelque chose de terrifiant.

Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l’entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l’épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou… Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s’enfuit avec l’argent.
Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l’angoisse de se faire prendre et l’excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu’elle n’atteindra jamais..

1960. Alors que le cinéma est passé en couleur depuis un certain temps déjà, Hitchcock décide de tourner Psychose en noir et blanc. Un noir et blanc inquiétant, étrange, mystérieux. Un noir et blanc bien plus puissant que le sang rouge flamboyant auquel on est tant habitué. Premier étonnement. Personne n’est admis après le début du film. C’est presque une sorte de piège, dans une salle de cinéma où tout le monde s’étonne. Le mystère doit rester entier; personne ne doit en connaître la vérité avant de l’avoir vue de ses propres yeux. Le film s’ouvre. Une femme dénudée apparaît à l’écran. Premier choc. C’est indécent, ça n’a rien à faire dans un film. Le film inquiète déjà, et s’il pouvait montrer le pire ? La scène est lumineuse et poudrant on s’attend au pire. Tout cela n’est qu’un leurre, on détourne notre attention. Et le piège se referme, lentement.

Il pleut averse, il fait nuit. On pressent le pire. Le film bascule soudain dans l’étrange. Une demeure inquiétante perchée en haut d’une colline. Elle est imposante. Presque effrayante, par son style, venue d’une époque reculée. Et puis, il y’a une sorte de fascination, une volonté de voir ce qu’il y’a à l’intérieur. Le noir et blanc devient pesant. L’ambiance se transforme, on quitte le film policier, on entre dans le bizarre, dans l’effroi. Le Bates Motel, un des lieux les plus sinistres de toute l’histoire du cinéma, surplombée par l’immense demeure. La musique inquiète. On rencontre Norman Bates, propriétaire des lieux. Un garçon gentil, attachant, qui peine à trouver ses mots, sous le charme de sa ravissante cliente. Un garçon fasciné par la taxidermie, oppressé par sa mère, innocent. Un garçon qui observe sa cliente en train de déshabiller à travers la cloison. Marion semble avoir trouvé le refuge idéal pour fuir la police et tous ceux qui la poursuivent. La tension monte de plus en plus. Une curiosité malsaine s’installe.

La peur rampe et s’immisce au creux de notre ventre. Le silence est trop pesant. Et soudain, on franchit l’horreur. Hitchcock parvient à créer la peur dans un lieu pourtant si anodin, si ordinaire. Et parvient à créer une des scènes les plus mythiques du cinéma. Les violons crissent, les hurlements sont glaçants, la peur atteint son apogée. On croit voir le pire, on croit voir le sang, la nudité. Et pourtant on ne voit rien. Tout est suggéré. Le sang coule à peine, mais sa noirceur fait peur. On croit voir le tueur, mais son visage est flou, et reste dans l’ombre. L’imagination prend le dessus sur le réel. Et pourtant, la scène est effrayante. Car la suggestion torture notre imagination. La peur est à son comble. Tout ce qu’on croyait acquis se renverse. Norman Bates est un personnage terrifiant. Terrifiant dans sa complexité, dans sa dualité. Le film devient malsain. On est pris définitivement au piège : on ne peut plus fuir des images qui resteront gravées à tout jamais. Elles sont là, quelque part, elles nous hante. La nuit, la pluie torrentielle, le violon, le manoir, Norman Bates. Ils sont là, cachés quelque part, et surgissent tard dans le noir. Mais ce n’est que le début.

En 1960, les spectateurs assistaient à leur première terreur au cinéma. Le film est glaçant. La tension grimpe tout au long du film. A une époque où l’horreur s’alliait parfaitement au suspens. Où l’on ne s’amusait pas à faire sursauter bêtement le spectateur. On le torturait, on allait fouiller au plus profond de lui pour lui insuffler de nouvelles peurs, durables, permanentes. On ne montrait pas, on suggérait l’horreur. On ne faisait pas exploser le sang, on cherchait à rendre l’atmosphère sinistre, l’ambiance malsaine, les personnages dérangeants. On ne cherchait pas à créer la mort la plus réaliste. Pour les habitués de gore et d’horreur en tous genres, je  reste persuadée que le film reste toujours aussi dérangeant. Même avec des effets spéciaux un peu désuets aujourd’hui. Le film est absolument terrifiant. Mais il faut ne pas en savoir plus. Il faut se laisser surprendre. Et si vous n’êtes toujours pas convaincu par l’angoisse que peut procurer ce film, regardez le un soir, tard dans la nuit. La lueur folle des yeux de Norman Bates continueront de vous hanter pour toujours.

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