Tabernacle

Il y’a ces films qui nous obsèdent sans réellement comprendre pourquoi, qu’on attend même plus impatiemment que Noël. Depuis le Festival de Cannes, c’est-à-dire le mois de Mai, je n’avais plus qu’une idée en tête : Mommy, de Xavier Dolan. Si encore j’étais une fan invétérée de Dolan, ça se comprendrait, sauf que je ne connaissais que son nom et n’avais jamais vu aucun de ses films jusqu’à présent. J’ai été beaucoup touchée par son discours à Cannes, peut-être parce que ça fait du bien d’entendre ça d’un tout jeune cinéaste, qui a l’air de vraiment aimer ce qu’il fait. Du coup ça m’a intrigué ce film, jusqu’à ce que je le vois aujourd’hui.

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Et en même temps, je suis tellement jalouse et admirative de Dolan. Franchement, ce type tourne son premier film à 20 ans ( dans ma vie à moi, dans 1 an quoi ) et reçoit le prix du Jury à 25 ans ex-aequo avec Godard. Rien que ça. Alors Mommy, j’attendais ce film comme l’évènement de l’année sans même savoir ce que j’allais vraiment voir. Mon plus grand défi avec ce film, ça va être de trouver des mots.

Bon rapidemment, de quoi ça parle : Diane  » Die  » Desprès, veuve hérite de la garde de son fils Steve, diagnostiqué comme TDAH impulsif et violent avec en prime un trouble de l’attachement. Avec Kyla, la voisine d’en face assez mystérieuse, ils vont tous les trois trouver un espèce d’équilibre..

Le seul mot qui me soit venu à l’esprit lorsque les lumières se sont allumées, c’est bien  » Tabernacle « . Et un tabernacle vraiment mérité. Je ne peux pas dire que ce film est touchant, ni même émouvant, parce que ça serait mentir. Ce film est bouleversant, voilà le mot. Je sais bien que je suis loin d’être une référence en la matière, mais je crois que jamais jusqu’à présent je n’avais pleuré sans m’arrêter pendant 45 min. Ni même eu des frissons du début à la fin. C’est pas touchant ni même émouvant pour la simple raison que ça vous creuse de l’intérieur, quelque chose qui se tord à l’intérieur parce que c’est magnifique et cruel en même temps. C’est difficile de mettre des mots là-dessus parce que ça ne m’était pas arrivé jusqu’à présent. Je pleure souvent devant des films, mais c’est sur le moment. Au moment où j’écris, plus de 12h après l’avoir vu, je pourrai me remettre à pleurer rien qu’en y pensant, c’est pour vous dire. C’est ce genre de film qu’on ne peut pas, et qu’on ne veut surtout pas oublier.

Que ce soit Diane, Kyla ou Steve, on s’attache à eux. Pas seulement comme des personnages, on a vraiment de l’empathie et de la tristesse en même temps. C’est limite des personnages à qui on voudrait parfois dire des choses et même les engueler. Et je crois bien que c’est grace à la caméra. Sans qu’on s’en aperçoive, on rentre dans leur intimité avec beaucoup de gros plans, et du coup on les aime encore plus.

Ce qui est génial dans ce film, c’est l’utilisation des plans. Ce format 1:1, on voudrait parfois aller le détruire et l’élargir pour qu’on puisse respirer. Et lorsque celui-ci s’ouvre, on prie pour qu’il ne se referme jamais. La liberté des personnages, on la sent depuis notre siège. On voudrait que ce cadre ne se referme jamais parce qu’on sait que c’est horrible. C’est dingue quand même de nous faire resentir ça rien qu’avec un chagement de plan.

On les aime vraiment ces personnages. C’est un peu des marginaux quand même. Tous se fichent de savoir ce que le monde peut penser, ce qu’il veulent c’est vivre. Même si c’est dur. Steve a beau être  » malade « , c’est peut-être l’un des personnages les plus attachants possibles. Certes la maladie, certes la violence, mais certes de l’amour et une grande spontanéité. Et puis cette relation avec sa mère a quelque chose de fascinante, alternant entre violence et amour. Diane avec son look du début des années 2000 se fiche un peu des conventions, et Kyla est bloquée dans un étrange mutisme. Moi cette relation entre ces personnages et la liberté de Steve me bouleverse.

Le film est drôle mais en même temps vraiment brutal. On passe du rire aux larmes. Certaines scènes sont franchement violentes moralement, à cause de l’attachement qu’on peut avoir à ces personnages. Vraiment, je le répète, souvent des scènes me font pleurer parce que c’est triste etc .. Mais j’étais juste effondrée, parce que c’était difficile à admettre et à supporter. Et puis aussi, parce que c’est tellement beau. Car oui, j’ai peut-être aussi pleuré de joie, simplement parce que j’étais vraiment touchée par la joie de vivre qui se dégage de certaines scènes. C’est un film fort et déchirant, qui ne peut pas laisser indifférent, c’est évident.

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Merci Dolan pour m’avoir fait pleurer, m’avoir fait rire, m’avoir bouleversée  m’avoir fait aimé Céline Dion et le canadien. Merci pour ta sincérité, ton insolence et surtout, merci d’aimer le cinéma. Ce film, c’est un film de l’espoir, à la fois dans l’histoire mais aussi dans la réalité. La fierté nationale, c’est pas Céline, mais c’est bien toi. Tu nous as bien montré que du haut de tes 25 ans, t’étais capable de faire du vrai cinéma. Que le cinéma, c’est pas une histoire de vieux indétrônables, la preuve, t’es ex-aequo avec Godard. Et merci de m’avoir redonné espoir dans le cinéma, de m’avoir confirmé que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est pas suffisamment mature pour faire du vrai cinéma, qu’on est pas insensible et qu’on a des histoires géniales à raconter. Tu m’as même redonné l’espoir un peu absurde que moi aussi un jour, je pourrai faire comme toi. Merci infiniment pour ce film extraordinaire.

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