Never More

Je parle beaucoup de long-métrages, mais il y’a aussi des petits trésors cachés, qui ne demande qu’à être trouvés. Car oui, dans le cinéma, il y’a une catégorie qui semble être injustement sous-estimée : celle des courts-métrages. Et pourtant, il y’a des courts-métrages absolument géniaux. C’est d’ailleurs par là que la plupart des réalisateurs ont commencé. Il faut bien un début à tout. Surtout qu’il paraît que les plus belles choses sont toujours enfouies quelque part.

Après la déception de Big Eyes, j’ai voulu me rappeler pourquoi j’aimais tant Tim Burton. Il y’a un court-métrage que j’aime par dessus tout, c’est Vincent. En effet, s’il existe un réalisateur gothique, c’est bien Burton. Et ce court-métrage, c’est l’essence même de ce qu’on peut appeler gothique.

1982. Burton est un conteur. Mais un conteur d’histoire macabre, à l’humour noir particulièrement poussé, capable de créer des univers bizarres où les monstres en tous genres sont les rois. Et quoi de mieux pour raconter que l’animation ? Et par n’importe laquelle : le stop-motion, technique d’image par image où les personnages semblent authentiques et vrais. Technique chère au coeur de Burton, avec laquelle il fait revivre une mariée morte dans Les Noces Funèbres et réinvente le mythe de Victor Frankenstein dans Frankenweenie. Vincent, petit garçon de 7 ans, croit vivre à travers l’acteur de films d’horreur Vincent Price. C’est presque un élément biographique quand on connaît la fascination de Burton pour l’acteur et qui récite ici ce long poème.

Vincent est un poème gothique. Car noir, sombre, macabre. Dans lequel on cite Edgar Allan Poe, qui est l’un des mes auteurs favoris. Comme dans ses histoires, les personnages sont fous et ont un goût prononcé pour tout ce qui est mort. Mais ici, c’est un enfant qui joue à être son acteur favori, dans son univers favoris, remplis de monstres et d’expériences morbides. Avec ses yeux immenses, Vincent est un monstre, une créature bizarre qui inquiète du haut de ses 7 ans. Accompagné de son chat noir, il erre dans sa tour, perchée en haut d’escaliers tortueux. Isolé de tous, il sombre peu à peu dans la folie, où le jeu dépasse la réalité, et est hanté par toutes les créatures qu’il a crée. Et ce noir et blanc crée une ambiance sinistre, bizarre, irréelle, tout en étant un hommage aux vieux films d’horreurs que Burton a regardé toute sa vie, tapi la nuit au fond d’une salle de cinéma. C’est aussi une sorte d’héritage de l’expressionnisme allemand.

Vincent est à mon sens un vrai trésor. Je préfère la version originale. Pour la voix grave et sinistre de Vincent Price, pour l’étrange sonorité de la langue anglaise. Et le film se clôt sur une citation d’Edgar Allan Poe. Comme dans chacune de ses nouvelles, on est en suspens. Incapable de savoir si tout cela est vrai, si la folie a pris le dessus. Si le narrateur lui-même n’est pas fou. C’est un vrai hommage au cinéma, à la fois à l’acteur comme aux films d’horreurs. Et c’est aussi l’incarnation même du gothique, avec sa noirceur, ses histoires macabres et son atmosphère étrange et mystérieuse. Tout ce qui fait que j’aime ce court-métrage plus que tout, car il représente à lui seul tout ce que j’aime.

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