L’Odyssée de l’Espace

Il existe une critique d’un cher collaborateur mystérieux caché dans les fin fonds de la galaxie qui vient compléter ma présent critique et qui se trouve être plus concise et s’adresse parlera peut-être plus à ceux qui ont vu le film. c’est donc par ici

 

Enfin ! Ca faisait des mois et des mois que je ne dors et ne vis que pour une chose : Interstellar de Christopher Nolan. Alors avant que l’on me traite de fanatique, sachez une chose. Les films de Nolan, ça fait une éternité que je ne les ai pas vu, j’avais adoré la trilogie Batman et Inception .  Je me souviens que Nolan est un très bon réalisateur, mais je ne lui ai pas ( encore ) dressé un autel dans ma chambre, parce qu’à vrai dire, je m’en fiche complètement. Ce n’est pas le mot Nolan que j’ai vu en premier dans la bande-annonce, qui annonce quand même un gage de qualité, mais c’est l’histoire. A chaque fois que je voyais cette bande-annonce, j’y comprenais pas grand chose, mais j’avais terriblement envie que ça sorte. En fait, pour tout vous dire, je n’avais strictement aucune idée de ce que le film allait raconter. Quand on m’a demandé, j’ai pas pu répondre mieux que ‘ Ben c’est un film dans l’espace ». C’est tout.

Il y’avait un espèce de mystère autour de ce film. Et à chaque fois que je voyais cette bande-annonce ( et mon dieu ce que je l’ai vue ) j’étais toute excitée et impatiente, pas parce que c’est Nolan, mais parce que les films de science-fiction sur l’espace, ça me branche pas mal, disons le franchement. En même temps, vu ce que j’en attendais, j’avais vraiment peur d’être déçue. Mais la dernière fois que j’étais aussi impatiente, c’était pour Mommy, pas de Nolan, mais de Dolan cette fois. Un signe, vous me direz, mais ça n’a pas loupé, je suis littéralement amoureuse de Mommy . Alors avant de me traiter de fanatique pas objective, comprenez que pour moi, Nolan renforçait simplement l’idée que je pouvais potentiellement aimer ce film, pas que c’était déjà un chef-d’oeuvre rien que pour son nom.

Il faut voir ce film sans trop en savoir, en tous cas c’était mon cas, je ne savais rien autour de ce film à part ce que montrait la bande-annonce. C’est donc pourquoi je n’ai aucune envie de vous gâcher le plaisir et je vais simplement vous donner le synopsis officiel qui est à mon sens parfait :

Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

Ce film, comme tous les autres films de Nolan, est ce qu’on peut appeler un blockbuster intelligent, ce qui à mon sens est un peu un oxymore. Un blockbuster, en général, c’est un film à très gros budget, qui vise à en mettre pleins les yeux aux spectateurs et qui veut surtout les divertir. Or ce qui est assez étrange avec ce film, c’est qu’il ne fait pas que divertir, mais cache justement de très grandes questions. Il faut brancher un minimum son cerveau durant ce film, et moi ça me plaît énormément, car ce que montre le film est extrêmement intéressant. Et je vous assure que c’est pas  » de la philosophie à deux balles « , parce que dans ce cas, on me ment au quotidien.

Je lis souvent désormais que ce film, c’est un mélange entre  2001 : L’Odyssée de l’Espace  et Gravity .  Et hier, j’ai vu une critique qui m’a juste mise hors de moi ( je ne vais pas dénoncer, ça se fait pas ) pour la simple et bonne raison que ce film est apparemment un gros plagiat de 2001, sur la façon de filmer l’espace. Kubrick sort ce film en 1968 et a révolutionné la science-fiction toute entière, avec notamment une nouvelle façon de filmer l’espace, avec des moments de très grande intensité, soudain réduit au silence de l’espace. Forcément, aujourd’hui la SF s’inspire de cette manière de filmer, qui à mon sens est évidente puique l’espace, c’est vide et il n’y a pas de son. C’est à mon sens un peu absurde de se focaliser uniquement là-dessus.

Le film dure presque 3h, et je n’ai pas décroché une seule seconde. J’ai été réellement captivée par ce film du début à la fin. On ne voit pas le temps passer, et j’aurais très bien pu rester 3h de plus dans le cinéma. Visuellement, c’est magnifique. Lorsque la Terre est filmée, l’image est aussi sale et poussiéreuse que le paysage. Mais lorsque c’est l’espace, on se sent prisonnier avec eux de l’infini. Il y’a des scènes qui m’ont vraiment subjuguées, notamment celles où l’on suit le décollage du vaisseau et toutes ces scènes du genre qui, même s’il n’y a pas de 3D sont franchement immersives.

Le film tient des propos scientifiques. Nolan a cherché à faire un film vraiment réaliste, et a fait appel à de nombreux chercheurs et scientifiques pour mener à bien son projet. Parfois on ne comprend pas tout, mais à vrai dire qu’importe ? Ca ne m’a pas dérange plus que cela puisque j’ai trouvé ça passionnant. Ce qui est extraordinaire avec ce film, c’est qu’un certain Kip Thorne, un astrophysicien qui a bossé toute sa vie sur la gravité et les trous noirs. Sauf que pour la première fois, le chercheur a pu modélisé un trou noir. Science et fiction sont pas si éloignés finalement …

Bon, j’en ai fini avec la partie théorique de ce film, concernant le visuel, je vais me pencher sur l’histoire, et franchement, si vous ne l’avez pas vu, partez tout de suite d’ici, car je vais spoiler ! Inutile de préciser que j’ai adoré ce film du début à la fin, et que j’en ai pris vraiment plein la vue. N’oubliez pas, c’est un film qui demande un minimum de reflexion. Je n’y connais rien en science, ça ne m’a pas empeché de l’adorer et d’y comprendre énormément de choses, au contraire. Ce film, ce n’est pas un film de science, c’est un film SUR la science. Et c’est aussi un vrai voyage spatial, une expérience puissante renforcée par l’extraordinaire musique de Zimmer. 

Ça y’est ils sont partis ?

Bon alors cette histoire. Il y’en a beaucoup des films qui s’intéressent à l’avenir de l’humanité, qui va devoir quitter la Terre car elle n’est plus accueillante. Pour le coup, c’est un sujet assez banal dans la science-fiction des dernières années. Sauf que c’est traité avec deux nouveaux points de vues. Le premier, c’est que pour une fois, le héros est réellement attaché à la Terre. D’habitude, il doit sauver l’humanité toute entière. Mais ici, il est rattaché par ses enfants. Ce qui le pousse à faire cette expédition, c’est l’avenir de ses enfants, donc autant dire un but purement personnel. Non seulement ça apporte quelque chose à l’histoire, parce que l’inversion parent/jeune -enfant/ vieux à quelque chose de vraiment tragique, mais ça apporte une véritable réflexion sur la science.

En effet, tout le film pose une réflexion sur ce qu’est la science. Est-ce que la science, c’est à but personnel ou ça à quelque chose d’universel ? Ca paraît logique que c’est universel. Mais Cooper le dit lui même, il y’a une différence entre la science pratiquée par les humains, la science qui s’abaisse vers le sol et la  » gadoue « , une science uniquement pratique qui vise juste le besoin et le bien-être  et celle des explorateurs, ceux qui veulent faire des découvertes pour l’humanité, et trouver une vérité. C’est toute la question que pose le film.

Il y’a quelque chose qui m’a passionné dans ce film, c’est que les scientifiques se qualifient eux-même d’explorateurs. Or on a l’habitude de croire que les scientifiques connaissent tout sur tout. Seulement ici, le fait que ce soit des explorateurs impliquent une part d’ignorance. Ils vont tout droit vers l’inconnu, malgré les nombreuses théories. Ce ne sont d’ailleurs que des théories, Brand le dira elle-même, l’expérience implique une part d’imprévu. Ce sont les nouveaux explorateurs, avant on partait à la découverte des terres inconnues, maintenant ce sont des planètes et des trous noirs.

Ce film, pour moi, c’est clairement une odyssée. Cooper, c’est une sorte d’Ulysse de l’espace. Non pas que je vois l’oeuvre d’Homère partout, mais voyez. Cooper, c’est le type qui durant tout le film n’attend qu’une chose : retourner chez lui auprès de ses enfants. Problème, la Terre est en train de mourir, il n’a donc plus de chez lui, et ses enfants ont bien grandis depuis qu’il est dans l’espace. Murphy, sa fille, finit par créer une nouvelle  » Terre « . Lorsque Cooper revient, on pense qu’il est chez lui. Seulement voilà, sa fille est devenue une personne âgée tandis que lui a toujours le même âge. Il y’a quelque chose de très bizarre dans cette scène, il est entouré par les générations futures de sa famille, mais lorsqu’ils se parlent, ils sont totalement absents. Cooper a perdu sa place de père, puisqu’il voit sa fille mourir. Son véritable chez lui, c’est auprès de Brand, perdue dans l’univers.

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Tout le film montre que les scientifiques ont une approche très froide et très étrange de la réalité. Le seul moyen de coloniser une nouvelle planète, c’est avec des ovules fécondés, autant dire de toutes petites cellules qui de loin, n’ont rien de très humains. Coloniser une planète avec des cellules et non pas de vrais humains, c’est une idée très étrange quand on y pense. Tout est faits et explications. Murphy, rien que par son nom ( la loi de Murphy, ce qui doit arriver arrivera ) suggère quand même une conception de l’enfant assez particulier, comme un être destiné à quelque chose. Or lorsque celle-ci croit voir un fantôme, Cooper lui dit de  » chercher les faits et tirer des conclusions « . Il n’existe selon lui, aucun phénomène paranormal, la science peut tout expliquer. Sauf l’amour, qui échappe encore  à la science selon Brand, ce n’est pas quelque chose de purement chimique, il y’a quelque chose que la science ne peut pas saisir.

Il y’a une scène que j’ai adoré et qui apparemment a fait beaucoup débat, c’est la scène de la bibliothèque lorsque Cooper est dans la 5ème dimension. Einstein parle de  » miracle  » de la raison, quelque chose que l’on ne peut comprendre et qui pourtant nous fait avancer vers la vérité. Comme le monolithe noir de 2001 . Le rapport ? Lorsque Murphy s’écrie  » Eurêka  » et dit que c’est une  » tradition « , ça paraît cliché, mais c’est brillant. Lorsque Archimède s’est écrié ce fameux Eurêka, il prenait tranquillement son bain lorsque par  » magie  » il a trouvé la solution, et est donc sortit tout joyeux, nu, dans la rue. Pour moi, cette scène est clairement une métaphore du côté  » magique  » de la science, du mystère de la raison, qui a presque quelque chose de  » paranormal « , comme le fantôme. D’ailleurs vous remarquerez que cette raison, incarnée par son père, communique par des livres, donc par l’art, quelque chose qui n’a rien d’objectif ni de scientifique. Murphy parvient à déchiffrer ce que l’art lui enseigne, à travers des livres qui n’ont apparemment aucun lien entre eux. C’est une sorte de révélation, enfouie en elle.

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En sortant, on s’est demandé si ça ne pouvait pas être une métaphore du temps qui passe. Parce que le temps, lui est présent, ce qui laisse place à tout un tas d’ellipse narrative. Ce qu’il y’a de tragique dans cette histoire, c’est le temps qui passe et de voir que les relations familiales s’inversent peu à peu. Cooper assiste au développement de sa famille, et voit ses proches vieillir sous ses yeux, puisque le temps n’est pas le même. C’est un film, sur les relations familiales, sur le père partit et abandonnant sa famille à la mort. Vraiment, ça m’a beaucoup touché, parce que finalement la réalité n’est pas si éloignée. Parce que oui, Interstellar n’est pas seulement un film sur l’univers, c’est un film aussi centré sur les relations humaines et familiales, et le film pose une vraie question sur le statut de parents, dans un monde qui va mal.

Je ne suis pas une scientifique, loin de là, et pourtant ça ne m’a pas empêché d’être fascinée et captivée par ce film. Ce que je trouve extraordinaire avec ce film, c’est juste de divertir tout en posant une vraie problématique sur la science. Je pourrais parler pendant des heures de l’interprétation des acteurs, qui est fabuleuse. Mais c’est un film véritablement passionnant, émouvant et très intelligent, poussé par une bande-son et des images à tomber par terre. Interstellar est un vrai voyage, une odyssée fascinante, et nous emmène dans des contrées encore inconnues. Inutile de dire que j’ai adoré, je crois que c’est suffisamment clair. Un film magique, qui nous donne envie de regarder longuement le ciel. Décidément, tout ce qui finit en  » olan » a du bon, du très bon même.

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