Le premier jour du reste de ta vie

Je suis fatiguée en ce moment, très fatiguée. Et hier soir j’avais envie de regarder un truc pas trop compliqué. J’ai tenté Enemy de Denis Villeneuve avant-hier, mais pour la première fois j’ai absolument rien compris à un film. Rien, nada, nichts. Il n’en reste que peut-être au bout du 25ème visionnage j’y comprendrais enfin quelque chose. Donc comprenez que je ne suis pas en mesure d’en dire quoique ce soit, ne serait-ce qu’une hypothèse. C’est dommage, il vaut le détour ce film.  Tout ça pour dire quoi ? Pour dire que j’avais besoin d’un truc pas trop intellectuel, où je peux laisser mon cerveau à l’entrée. Manque de pot, j’ai quasiment que des films incompréhensibles et tordu. Sauf que non. Le Premier Jour du Reste de ta Vie de Rémi Bezançon traîne depuis août dans mon étagère, et j’ai honte, c’est même pas le mien en plus. Merci infiniment de me l’avoir prêté, je l’aurais jamais regardé par moi-même, et ça aurait été dommage. C’est une petite merveille ce film. Qui a dit que le cinéma français est mort ? Danny Boon n’est pas l’incarnation du cinéma français, et encore heureux, sinon ça serait bien triste. On en fait quoi des Gondry, du Scaphandre et le Papillon  et de ce film ? ( pour ne citer qu’eux )

D’accord, mais ça raconte quoi ? Cinq jours dans une famille de cinq personnes.

C’est tout. C’est peu non ? Non. J’ai toujours trouvé ça très paradoxal de raconter la vie quotidienne des gens au cinéma, qui est sensé être hors de la réalité. Est-ce qu’on peut dire que c’est la projection de la famille idéale et clichée sur grand écran ? Peut-être, mais c’est je crois ce qui fait qu’on s’y attache autant. Parce qu’elle est parfois un peu clichée, on peut s’y identifier et s’y retrouver par pas mal d’aspect. Parce que comme il est dit  » Cette famille, c’est la vôtre « .

Ce film, c’est un album photo qu’on ouvre des années après. On voit la photo, on se souvient du moment, on se souvient de certains détails, un peu futiles, mais on s’en fiche pas mal. Ce qui compte, c’est qu’on s’en souvienne, et que ça nous fait du bien. Ce film, c’est la même chose. Le film, c’est le miroir de nous-même, qu’on s’y retrouve ou non. On est forcément différent d’eux, normal, leur famille a eux a été travaillée et écrite. On s’en fiche peut-être un peu de savoir ce qui leur arrive, parce qu’on sait qu’ils n’existent pas. Mais nous oui. Et c’est toujours un sentiment bizarre de voir sa propre vie à l’écran. Le film n’a aucune autre prétention que de s’adresser à nous, de parler à son spectateur, c’est pas l’histoire de leur vie, mais bien de ta vie . Je pensais pas être aussi sensible à ce genre de film, c’est dans la même lignée que Boyhood que j’avais adoré, parce qu’il me parle. On est pas dans du cinéma intello qui nous fait réfléchir sur le pourquoi du comment de notre existence. On est dans un cinéma qui nous dit  » parce que c’est la vie « . Et ça fait du bien un film qui répond à des questions.

Le film n’a pas d’autres buts que celui de nous montrer. J’ai pleuré des litres à la fin. Pas seulement parce que c’est triste, mais parce que c’est la vie. Il m’a fait beaucoup de bien ce film. Il m’a fait rire, il m’a pas mal fait pleurer aussi, parce que c’est les hauts et les bas. Et pourtant le film ne tombe même pas dans un pathos exarcébé. C’est juste la vie, c’est tout. C’est ça qui est touchant, c’est sa simplicité à raconter des choses ordinaires qui prennent une dimension extraordinaire parce qu’elles sont sur un écran. Pourtant c’est tout ce qu’il y’a de plus banal. J’ai même pas eu à chercher un titre, parce que ce titre veut déjà tout dire. Ca m’a même rendue nostalgique d’une époque où j’étais pas née, c’est pour dire.

Cette famille, c’est la notre qu’importe ce qui a pu se passer, on rigole aussi, comme on peut pleurer. Moi ça me fait du bien ce cinéma simple et  universel par ce qu’il raconte. Il m’a juste fait un bien fou en fait ce film, il m’a rappelé que les choses sont pas si tristes que ça. Ce film a le pouvoir de nous rappeler que les histoires incroyables sont aussi dans l’ordinaire qu’on croit tragique. Parce que le titre c’est bien le  » Premier jour du reste de ta vie « . Ca veut dire que la vie n’est pas finie, et qu’il y’a des choses à faire pendant ce reste de temps. Tiens, pour citer un grand homme qui dit pas que des bêtises, la vie c’est qu’une longue tragédie qu’il faut transformer en comédie. C’est aussi le pouvoir magique du cinéma, rendre extraordinaire l’ordinaire.

 

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