Heureux, qui comme Ulysse, a fait un beau voyage

Ca fait presque un an que j’ai vu Inside Llewyn Davis des frères Coen au cinoche et qu’est ce que j’avais adoré. Et il y’a deux semaines, je suis justement retombée sur la BO du film que je me passe en boucle. Et hier, surprise : il passe à la télé. Béni sois tu Canal+.

e film raconte l’histoire d’un jeune chanteur de folk, Llewyn Davis dans un Greenwich Village des années 60, ses errances, ses malheurs, ses rencontres et surtout son ambition d’enregistrer un disque. D’ailleurs il me semble que Llewyn Davis s’inspire assez largement de Dave Van Ronk.

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Bon je vais pas passer par 40 chemins, j’avais adoré ce film la première fois, je l’adore toujours autant. C’est toujours le même plaisir de le revoir. Déjà peut-être par son ambiance. Je connaissais pas vraiment la folk, et mon dieu mon dieu mais qu’est ce que j’adore cette musique. Du coup ça donne un côté un peu mélancolique, renforcée par une image avec des tons très neutres. Il m’en faut peu, mais ça marche vraiment je trouve.

Et alors il y’a cette histoire. Franchement ce film, je le trouve drôle. Bon d’accord, c’est de l’humour noir. Parce que ce pauvre Llewyn, c’est l’incarnation du loser par excellence. C’est simple, il lui arrive tous les malheurs du monde. Soit il se les crée lui-même, soit il a vraiment pas de chance. En fait, ce type s’en prend plein la tête du début à la fin. Mais le plus cruel, et en même temps le plus savoureux, c’est que le film est circulaire. Alors c’est infini. C’est méchamment drôle. Ah c’est pas bien de se moquer du malheur des gens. Tout le monde passe son temps à le dévisager. Mais en même temps je le trouve attachant, même si ce type est un loser particulièrement égoïste. Parce que dans le fond, il croit en sa musique. Peut-être parce qu’il fait de la bonne musique aussi qui sait  ? Je voudrais d’ailleurs souligner la performance vocale des acteurs. Franchement, Oscar Isaac et Carrey Mulligan se débrouillent vraiment pas mal dans leur musique. Mais quand même, c’est pas évident, et c’est réussi. 

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Le film se construit comme une longue errance. Llewyn n’a pas de maison et traîne sur les canapés des autres toutes les nuits. Et le pire, c’est qu’il doit se coltiner un chat du nom d’Ulysse. Sauf qu’Ulysse, il part de chez lui, erre, et rentre. Llewyn erre mais n’a jamais de chez lui. La chanson d’ouverture  » Hang me, Oh Hang me  » ( reprise de Dave Van Ronk )  annonce bien l’ironie omniprésente dans ce film. C’est ça qui est véritablement génial. Je disais que ce film est circulaire, il débute et finit sur la même scène. En fait,  ça représente bien la vie d’un artiste : rien n’est sûr et on est remplacé à n’importe quel moment. D’où ma référence au sonnet de DuBellay, c’est un personnage exilé condamné à errer loin de sa maison.

Les personnages secondaires sont tout aussi géniaux, entre les bourgeois coincés, Jean, Jim et tous les gens qu’ils rencontrent. Vraiment, c’est un film qui m’a beaucoup faire rire, pas de la moquerie, mais on a de l’empathie envers ce loser égoïste. Mention spéciale à cette scène juste géniale de Mr. Kennedy. Comme quoi, on peut faire rire en musique.

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J’ai vu que quelqu’un qualifiait le film de  » comédie dépressive « . Je vais piquer cette expression, parce qu’elle colle vraiment à ce qu’est le film. Un film mélancolique, mais très drôle que je ne me lasse pas de voir, un film génial avec une bande-son géniale. Un film qui fait vraiment du bien.

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