Cocktails de drogues et vente par correspondance

J’ai envie de réitérer l’expérience, c’est toujours plus intéressant d’avoir des opinions différentes sur des films. Donc aujourd’hui encore, j’ai envie de laisser ma place à quelqu’un d’autre pour parler du Loup de Wall Street de Martin Scorcese. J’avoue, moi je n’y connais pas grand chose avec le cinéma de Scorcese, mais il n’empêche que j’ai vraiment beaucoup aimé ce film, pour les diverses raisons qui vont être évoquées après, notamment par tout l’excès du monde de la finance, qui est quand même assez dingue. Mais je me tais maintenant, et je laisse parler : 

(Attention étant un grand fanboy de DiCaprio et Scorsese il se peut que cet article soit très subjectif)  : Au moins vous serez prévenus ! 

Le Loup de Wall Street, adapté du récit autobiographique éponyme de Jordan Belfort, est pour moi le film q le plus marqué l’année 2013, que ce soit pour sa qualité de réalisation et du jeu d’acteur que pour le fait que Leonardo DiCaprio n’ai pas remporté l’Oscar du Meilleur Acteur (injustifié ?) et même si vous ne l’avez pas vu, vous avez forcement dû en entendre pui aarler. Encensé par la critique excepté par Charlie Hebdo avec un 1/5 (mais bon ils ont mis 2/5 à Interstellar et 4/5 à Pacific Rim donc je sais pas trop sur quoi ils se basent pour leur notation), je me devais de faire une critique de ce chef-d’œuvre.

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Tout d’abord, j’adore le travail de Scorsese depuis que j’ai vu pour la première fois Les Infiltrés il y a 3 ans et je me suis empressé de rattraper mon retard cinématographique en visionnant tous ses films, de Taxi Driver à Shutter Island en passant par Raging Bull et Les Affranchis, et tout ce que je peux dire c’est qu’on ne sort pas indemne du visionnage d’un de ses films. Quand il s’agit du milieu de la pègre au cinéma, le grand nom c’est Martin Scorsese mais sur petit écran c’est Terence Winter, scénariste de l’illustre série Soprano et de Boardwalk Empire, et c’est d’ailleurs ce dernier qui a été chargé d’adapter le roman de Belfort.

Le topo : Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio) s’installe avec sa femme à New-York afin de devenir courtier en bourse pour la compagnie L.F. Rotschild à Wall Street. Faute à pas de chance, son premier jour en tant que véritable courtier tombe le même jour que le fameux Lundi Noir et donc la fermeture de l’institution, et se fait donc licencier. Il trouve alors un emploi dans un petit centre de courtage vendant des actions non cotées où la commission est de 50%. Il décide donc de monter sa propre société (Stratton Oakmont) de courtage en formant les vendeurs un peu stupides de son ancienne boite pour vendre ses actions et devenir le plus riche possible à n’importe quel prix.

Si j’ai aimé ce film ? Vous devez vous en douter mais bordel oui j’ai jubilé devant l’écran. Ce film se revendique comme autobiographique dès les premières minutes ou DiCaprio pose directement le caractère de son personnage en brisant le 4ème mur (s’adresse directement au spectateur). Même en connaissant le futur d’enfoiré en chef qui attend Belfort, on vit l’évolution du personnage comme si on la découvrait. DiCaprio est tout simplement époustouflant dans ce rôle de leader totalement cinglé et sournois nous montrant encore une fois quel grand acteur il est, de la « sous-merde » au loup, du mari bien rangé au petit con capricieux accro à toutes les drogues possibles et manipulant ses clients au téléphone pour leur vendre des choses dont ils n’ont pas besoin, il nous déballe ici tout son potentiel. Mais ce film ne serait pas ce qu’il est sans ses second rôles tous géniaux dont la plupart sont inconnus au bataillon, mais qu’est ce qu’ils sont bons. Tout d’abord Jonah Hill, dans le rôle de Donnie Azoff le premier associé de Jordan Belfort, souvent cantonné aux rôles dans des buddy movies et autres comédies, il m’a totalement surpris par son interprétation du bras droit extrêmement habile en affaire mais un peu débile dans la vie de tous les jours (sinon ce serait pas marrant) amenant une sorte d’amour-haine pour son personnage. Tous les employés de Stratton sont tout simplement géniaux et franchement aucun n’a la tête de l’emploi, on les verrait plus à l’imprimante qu’au téléphone pour vendre des actions, ou alors en prison, mais ils m’ont tout de suite fait fermer ma grande bouche (les fans de The Walking Dead verront une tête familière). Kyle Chandler dans le rôle du gentil agent du FBI, si on va dans le sens de la morale, mais qui fait un peu chier parce qu’il vient casser le délire, joue quand même  à merveille le casse-pieds pénible qui va pourrir la vie de ces requins de la finance. On note la présence de Matthew McConaughey dans un rôle bref mais marquant pour le personnage principal comme pour le spectateur (que cette chanson sorte de ma tête). On remarque également notre  «Frenchie à Hollywood » Jean Dujardin dans… son rôle ? Nan je rigole (ou pas), il joue un banquier suisse qui comprend pas grand chose à la vie et donne lieu à des dialogues de sourd plutôt hilarants, je me demande encore comment il a pu obtenir ce poste. Je cite Margot Robbie en dernière car même si elle joue la femme de Jordan Belfort elle m’a plus impressionné par son physique plutôt agréable que par son jeu d’actrice qui n’est en rien mauvais mais ne sort pas du lot. En gros rien n’est à jeter dans ce film !

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Aidé par un casting délirant et talentueux, Scorsese qui n’a plus rien à prouver et qui pourtant y arrive encore et toujours, nous retranscris à l’écran une histoire intense, passionnante, violente, sadique et géniale en montrant encore une fois les vices de l’Amérique à travers les yeux d’un courtier en bourse qui ne vit que pour l’argent et la drogue, et arrive à nous faire aimer ce « héros » détestable, tyrannique et sans aucun scrupule ainsi que ses associés tout aussi amoraux que lui. Sans aucun temps morts, très rythmé, ce film nous sert des scènes toutes plus épiques les unes que les autres dans un monde où la loi du plus fort règne. De la montée en puissance d’un petit courtier malchanceux jusqu’à sa chute, le réalisateur ne laisse rien de côté et nous montre tout les excès possibles et imaginables de ce milieu, âmes sensibles s’abstenir, les scènes dans ce films sont plutôt crues et c’est ça qui est bon. Pour ce film il fallait tout montrer et ne rien sous entendre car ces excès à tout va sont représentatifs du héros, et une mise en abîme n’aurait pas dresser un véritable portrait de la pourriture que devient notre bien aimé Leo. Une mise en scène époustouflante donc, où les aspects peu ragoûtants du milieu boursier sont mis en avant, une ode au capitalisme et au rêve américain avec des courtiers en bourse qui feraient passer les gangsters des Affranchis pour des petits malfrats de bas étage.

 

Pour conclure je vais le faire avec le style de Jordan Belfort :

Vous voulez découvrir toutes les facettes de la Bourse ? Allez voir ce film.

Vous voulez voir Scorsese dans toute sa splendeur ? Allez voir ce film.

Vous voulez voir DiCaprio dans son rôle le plus magistral après Les Infiltrés ? Allez voir ce film.

Vous voulez dépenser de façon intelligente 3h de votre vie ? Allez voir ce film.

Vous voulez voir le pénis de Jonah Hill, DiCaprio avec une bougie dans l’anus ou du lancer de nain entrecoupé de clichés sur ceux-ci ? Allez voir ce film !!!  

 

Petit bonus (attention spoiler) la fameuse scène du Lemon 714

(La consommation de drogue est dangereuse pour la santé et peut entrainer une dépendance. Parlez en à votre médecin)

(Quand à moi, j’avais un peu oublié cette scène absurde, mais franchement drôle, merci de me l’avoir re-montrée ! ) 

Bubu 

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