Big Eyes

‘étais déçue avant d’y aller. Je m’attendais au pire. On peut dire que j’ai vécu avec Tim Burton depuis le début. Parce que c’est ce type avec une coupe de cheveux un peu louche qui parvient à créer des personnages et des mondes bien bizarres, avec des spirales, des monstres gentils et des morts joyeux. Des films grotesques, bizarres, curieux, gothiques. Mais Big Eyes, c’était autre chose. Pas de monstres, pas de cadavres de mariées  pas d’arbres tordus, pas d’humour macabre. En fait, j’étais déçue de ne pas attendre ce film comme un évènement. Ça fait même un moment que je n’ai pas été enchantée par son film, et je lui en veux d’avoir râté l’adaptation de mon histoire préférée de tous les temps avec Alice au pays des merveilles . En fait, je crois que je lui en veux de retourner bosser avec Disney. J’ai entendu avec horreur une adaptation live de Dumbo et une suite d’Alice, autant dire que j’ai l’impression que quelque chose vient de se terminer pour toujours. Le dernier que j’ai vraiment aimé, outre Frankenweenie qui est un recyclage d’un vieux projet, c’est Sweeney Todd. L’humour macabre amené à son top niveau avec des gens servis dans des tourtes sur fond de comédie musicale. Donc autant vous dire, je m’attendais au pire.

De quoi ça parle ? A la fin des années 50, Margaret peint des enfants avec des yeux immenses mais peine à les vendre. Du moins, jusqu’à ce qu’elle rencontre Walter Keane avec qui elle va vite se marier. De là découle l’une des plus grands impostures de l’histoire de l’art : Walter sait parler, et va faire croire au monde entier que ces oeuvres sont les siennes. Problème, sa femme va rapidement regretter d’avoir laissé Walter vendre ses oeuvres à son propre nom, mais est en même temps piégé dans cet immense mensonge … Évidemment inspirée de l’histoire vraie de l’artiste Margaret Keane.

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Perplexe je suis

J’avais bien compris dès le début que ça allait être quelque chose de nouveau. Mais la question qui se pose est la suivante : Big Eyes est  réalisé par Tim Burton mais est-ce pour autant du Tim Burton  ?

D’abord, je crois que oui. On retrouve dès le générique l’éternelle machine qui imprime des affiches à la chaîne. Comme dans presque tous ses films, il y’a soit de la neige, soit une imprimante/machine à gâteau/chocolat. Première image : la banlieu des années 50, de toutes les couleurs, avec les mêmes voitures, les mêmes maisons, le même paysage géométrique. L’image est vraiment très belle, lumineuse et rayonnante de toutes les couleurs ( avec pleins de jolies robes ). A un certain moment, l’image ressemble même à un tableau. D’ailleurs les tableaux eux-mêmes ne sont pas anodins : des enfants un peu inquiétants avec des yeux immenses, qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les dessins de Burton lui-même, avec des enfants bizarres dans son recueil : The Melancholy Death of Oyster Boy and Others Stories .

L’histoire en elle-même est plutôt passionnante. Une usurpation d’identité dans l’histoire de l’art. Mais aussi la place de l’art dans le monde. Car peut-on être un artiste et s’exposer au monde entier comme une super star de la pop ? Est-ce que l’art est un marché, autour duquel on peut bâtir un véritable empire ? Car en effet, c’est bien une des problématiques du film. Margaret, la véritable artiste est discrète tandis que son mari est une sorte d’idole. Ce sont des problématiques passionnantes. Oui mais.

Mais c’est plat. J’ai mis énormément de temps à accrocher aux deux personnages. Ils ont l’air creux. Christoph Waltz, qui m’impressionne énormément en allemand nazi / dentiste gentil, m’a vraiment déçue. Ses mimiques deviennent rapidement agaçantes. Et Amy Adams ? Trop peu de présence pour qu’on puisse réellement l’apprécier. C’est assez dommage, sachant que le film entier repose sur ce couple. Du coup, il m’a fallu attendre la dernière partie du film pour que je commence à m’intéresser vraiment à ces personnages. Dommage que ça soit seulement vers la fin du film. Le film est en cela inégal car se réveille soudainement vers la dernière partie et devient pour le coup assez intéressant, remettant en cause des personnages qu’on trouvait jusque là beaucoup trop fade et trop lisse.

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On peut se demander pendant tout le film où sont passés les personnages torturés, mais profonds et pourquoi ici ils sont si peu remarquables. Il manque quelque chose à ce film, la magie présente dans tous ses films précédents. J’ai l’impression que l’envie n’y est plus, que tout ce qui faisait sa force est partit pour toujours. Même la musique de Danny Elfman m’a un peu déçue. Et quelle surprise de trouver Lana Del Rey, même si je n’ai rien contre cette chanson, c’est pour le moins perturbant.

Je suis assez déçue, car j’ai l’impression que l’âge d’or de Burton est arrivé à sa fin. Que ce qui faisait tout l’intérêt de son oeuvre disparaît peu à peu. Mais est-ce que c’est une mauvaise chose ? Peut-être pas finalement, c’est aussi une manière de ne pas tomber dans la caricature. Il manque cruellement quelque chose à ce film, la bizarrerie à laquelle il nous avait habitué,  ses personnages trop attachants, un univers dont lui seul connaissait le secret. Néanmoins, ce n’est pas non plus la catastrophe à laquelle je m’attendais. Ce n’est ni extraordinaire, ni mauvais. J’aurais découvert une nouvelle artiste, dont le travail est lui tout à fait génial. Ça se regarde, c’est plaisant, mais il finira malheureusement perdu dans les limbes de notre mémoire.

Mais, et il y’a un mais, ce film aura réveille l’artiste refoulé caché quelque part chez certains. Et la voici avec un imense merci à l’individu Tophore, qui même s’il dira toujours non fait vraiment des trucs chouettes !

bigeyes

 

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