A successful failure

Avant toute chose. J’ai encore laissé un individu regarder des films tout seul le soir. Sans moi. Et il se trouve qu’il a eu envie d’en parler. Et tant mieux. Et j’oubliais, faut remercier Valentinou Creatis  qui lui a donné envie de regarder ce film. Alors merci ( et allez faire un tour sur ce qu’il raconte, c’est souvent très intéressant )

 

Apollo 13 est un de ces films dont on connaît la fin avant de l’avoir vu. Dans ces situations le réel défi devient la mise en scène ; Ron Howard (réalisateur) a donc eu à tourner son propre film à partir d’un scénario fixé pour livrer sa propre vision de la chose. Vous l’aurez compris, il n’y a pas trop de risque de spoilers à partir du moment où on connaît les grandes lignes de l’histoire. Attention cependant : si vous ne connaissez pas l’épopée qu’a été la mission Apollo 13, filez donc voire au mieux le film, au pire l’introduction de la page Wikipédia qui lui est consacré !

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Commençons rapidement par la mise en scène justement : et bien bizarrement je n’ai pas accroché dans l’ensemble ! Ce que je veux dire par là, c’est que je n’ai pas été sensible à tout ni aux choix des thèmes musicaux (mais alors pas du tout) ni à l’épique des situations qu’a souvent mis en avant Howard. Je vous avoue que c’est peut-être dû à la performance de Tom Hanks (Forrest Gump, dans ma tête) dans le rôle principal ou à celle de Gary Sinise (lieutenant Dan dans Forrest Gump aussi !) qui sont tous deux des figures très style « américain patriote » pour moi. Je concède par contre que même n’étant pas emballé par ce parti pris de réalisation, certaines scènes, notamment les scènes d’attente, m’ont presque prises aux tripes : le fait que l’histoire soit vraie a sans doute pas mal aidé, d’ailleurs.

Ce pourquoi j’ai voulu vous parler d’Apollo 13, c’est pour tout ce qui n’est pas lié à l’intrigue principale en elle-même. En effet puisqu’on connait déjà l’histoire, ce qui est intéressant est tout ce qui est secondaire ; non seulement les équipes qui travaillent au sol, à la NASA, mais aussi les civils (en somme les gens comme vous et moi, les gens normaux quoi). C’est ça que j’ai vraiment trouvé intéressant dans la construction du film. Comme on pourrait s’y attendre, le fait qu’une énième mission Apollo soit lancée ne passionne pas les foules, surtout quand on se souvient (et c’est rappelé par deux fois durant le film) qu’un peu moins d’un an plus tôt, Armstrong & cie posaient déjà le pied sur la Lune. Quel intérêt alors pour Apollo 13 ? Ce n’est pas une première, ce n’est à priori pas excitant, les gens préfèrent donc regarder des sketchs à la TV qui, eux, sont divertissants. C’est à mon sens intelligemment traité, d’abord au travers de la femme de Lovell (l’astronaute principal, joué par Hanks) et ensuite de façon plus brutale et évidente par les médias une fois que la situation devient critique.

Petit à petit, ce film est passé dans ma tête de documentaire à film-épique-pas-très-intéressant pour finalement devenir un film sur l’humain. Je ne vais pas développer trop, mais sachez juste qu’il est intéressant sur trois points : premièrement, même si une mission comme Apollo 13 semble facile sur le papier, ou pour nous comme observateur extérieur, on réalise bien pendant le film qu’en pratique c’est assez différent. Et ça s’accompagne bien-sûr du fait que 3 hommes dans une cocotte-minute spatiale perdus dans l’espace, bien que relativement proches de la Terre, c’est rudement vulnérable ! On se rend bien compte de cela, ainsi que du deuxième point qui m’a bien plu, à savoir l’opposition entre la résignation et la détermination. Là je vous conseille d’aller le voir si ce n’est pas déjà fait, puisque tout au long du film on rencontre des hommes déterminés à trouver coûte que coûte une solution (« failure is not an option » par exemple, prononcé par le personnage joué par Ed Harris, Gene, que j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé) et se donnant corps et âme pour être acteurs et non spectateurs de ce qui est en train de se dérouler. Et d’autres sont tout l’inverse, totalement résignés et, il faut bien le dire, pénibles au possible. Bonne surprise ici encore monsieur Howard !

On arrive enfin tranquillement au troisième et dernier point ; la question de l’utilité de ce genre de choses. Quel intérêt d’entreprendre de telles missions ? Le grand public s’en moque puisqu’elles n’ont pas de conséquences directes pour nous. Pourquoi faire attention à ce que nous n’expérimentons pas vraiment ? Finalement Apollo 13 montre bien que l’espèce humaine est un véritable paradoxe. A sa façon, l’expédition en elle-même illustre bien cette vanité apparente puisqu’elle se solde par un échec. Pourquoi alors une telle aventure humaine est-elle si intéressante ? A vous de juger !

Tophore 

 

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